Le constructeur automobile Renault a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée dans le cadre de l'affaire du Dieselgate. La décision, prise par les juges d'instruction, vise l'entreprise et son ancien directeur général, Carlos Ghosn, pour avoir mis en vente des véhicules équipés de logiciels frauduleux destinés à fausser les tests antipollution. Selon les informations judiciaires, Renault conteste fermement ces accusations et annonce son intention de défendre son innocence lors de l'audience.
Chronologie du scandale et mise en cause
L'affaire remonte à 2015, lorsqu'il a été découvert que plusieurs constructeurs automobiles, dont Renault, avaient installé des logiciels capables de détecter les cycles d'homologation et de réduire les émissions d'oxydes d'azote (NOx) uniquement lors des tests. En conditions réelles, les véhicules émettaient jusqu'à 25 fois les limites légales, selon les enquêtes menées par la Commission européenne. Renault a toujours nié toute tricherie, affirmant que ses systèmes respectaient la réglementation.
Les charges retenues et les implications juridiques
Le renvoi en correctionnelle pour tromperie aggravée expose Renault à une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires annuel. Dans un communiqué, le groupe a déclaré : « Renault conteste toute fraude et se prépare à démontrer la conformité de ses véhicules devant le tribunal. » L'audience devrait se tenir dans les mois à venir, probablement en 2024.
Réactions et impacts sur le marché
Cette annonce a provoqué une réaction mitigée : les associations de consommateurs, comme UFC-Que Choisir, saluent une avancée judiciaire, tandis que les actionnaires s'inquiètent des conséquences financières. L'action Renault a chuté de 2,5 % à la Bourse de Paris après la publication de la nouvelle. Par ailleurs, Carlos Ghosn, qui réside actuellement au Liban après sa fuite du Japon, devrait être jugé par contumace.
Contexte plus large du Dieselgate
Le scandale du Dieselgate a déjà coûté des milliards d'euros à Volkswagen et à d'autres constructeurs. En France, Peugeot a été mis en examen en 2022 pour des faits similaires. Selon une estimation du ministère de la Transition écologique, les dépassements d'émissions liés aux logiciels frauduleux auraient causé environ 10 000 décès prématurés en Europe chaque année.
Position de Renault et défense
Renault maintient que ses moteurs diesel répondaient aux normes en vigueur à l'époque des faits. L'entreprise a investi 500 millions d'euros dans la recherche pour améliorer les performances environnementales de ses véhicules. « Nous avons toujours agi en toute transparence avec les autorités », a déclaré un porte-parole du groupe. La bataille judiciaire s'annonce longue, mais Renault se dit confiant dans sa capacité à prouver sa bonne foi.



