Une agression violente en pleine nuit
Dans la nuit du 5 juin dernier, vers une heure du matin, deux femmes sans domicile fixe qui avaient installé leurs tentes sous la traverse du MAMAC à Nice ont été violemment agressées par un homme armé d'un couteau de cuisine. Mejri Chemsedine, 42 ans, originaire de Corse et installé à Nice, s'est approché des victimes et leur a réclamé à manger, de la drogue et de l'argent, dans un discours incohérent. Très agité, il a exhibé le couteau et a asséné un violent coup de pied au visage de l'une des femmes, lui brisant deux dents. Celle-ci a reçu cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Le récit des victimes : une peur constante
À la barre du tribunal correctionnel de Nice, l'une des victimes a décrit le quotidien des femmes sans abri : « Être une femme dans la rue, c’est compliqué. On dort d’un œil, on a du mal à manger. Certains essaient de vous violer. C’est une insécurité permanente. » Elle a souligné que les femmes SDF sont constamment exposées aux violences physiques, sexuelles ou psychologiques. Son amie, également agressée, a témoigné de la terreur vécue cette nuit-là.
Le prévenu invoque un « coup de folie »
À l'audience, Mejri Chemsedine a tenté de justifier son acte en parlant d'un « coup de folie ». Il a affirmé ne pas être « dans son état normal », expliquant avoir absorbé « au moins une quinzaine de cachets » destinés à calmer ses addictions, notamment à la cocaïne. Le quadragénaire traverse une période personnelle difficile, marquée par la perte récente de son emploi et de sa compagne. Cependant, le tribunal a noté que son casier judiciaire comportait déjà de multiples avertissements.
Des propos sexistes en garde à vue
Lors de sa garde à vue, l'homme s'en est également pris à une fonctionnaire de police en tenant des propos sexistes : « Vous voulez l’égalité des sexes […] il faut savoir rester à sa place. » Cette remarque a suscité une réponse cinglante de la présidente du tribunal, Marion Menot : « Le problème, Monsieur, c’est que vous êtes devant un tribunal composé de trois femmes. C’est un peu embêtant non ? » Le prévenu a répondu par un léger sourire crispé.
La condamnation : deux ans ferme et une amende
Le procureur de la République, Étienne Moreau, a requis 24 mois d'emprisonnement et 1 000 euros d'amende pour l'outrage sexiste, estimant que le mis en cause s'en était pris à « des proies faciles, un exutoire facile ». Le tribunal a suivi les réquisitions pour la peine principale : Mejri Chemsedine a été condamné à deux ans d'emprisonnement ferme, ainsi qu'à une amende de 500 euros pour les propos sexistes adressés à la policière. Cette peine reflète la gravité des faits et les antécédents judiciaires du prévenu.



