Demandeurs d'emploi : une hausse en trompe-l'œil à interpréter avec prudence
Demandeurs d'emploi : hausse en trompe-l'œil, prudence

Le chômage en France a enregistré une hausse de 1,2% au mois de juin, soit 45 000 inscrits supplémentaires sur les listes de Pôle emploi, selon les chiffres publiés mercredi par la Dares. Cependant, cette augmentation doit être interprétée avec la plus grande prudence, car elle résulte en grande partie d'un effet mécanique lié à la réforme de l'assurance chômage entrée en vigueur en avril.

Une hausse due à des inscriptions forcées

Selon la Dares, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité (catégorie A) s'élève désormais à 3,7 millions. Mais cette progression est "trompeuse", souligne le ministère du Travail. En effet, elle s'explique par l'obligation faite aux salariés démissionnaires ou ayant refusé un CDI après un CDD de s'inscrire à Pôle emploi pour bénéficier du nouveau dispositif d'assurance chômage. Ces inscriptions forcées représentent environ 70% de la hausse constatée, soit près de 32 000 personnes.

"Il ne s'agit pas d'une détérioration du marché du travail, mais d'un effet de périmètre lié à la réforme", a déclaré le ministre délégué chargé du Travail, Olivier D. "Ces nouveaux inscrits ne sont pas des chômeurs au sens traditionnel, mais des actifs qui doivent accomplir cette démarche administrative pour ouvrir leurs droits."

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Le taux de chômage stable

Si l'on exclut cet effet, le nombre de demandeurs d'emploi serait quasiment stable, avec une légère baisse de 0,1% (4 000 personnes). Le taux de chômage au sens du BIT reste inchangé à 7,7% pour le deuxième trimestre 2026, un niveau historiquement bas depuis 2008. Les inscriptions des jeunes et des seniors sont également moins nombreuses que prévu.

Cette situation rappelle celle de 2023, où une hausse similaire avait été observée lors de l'entrée en vigueur de la précédente réforme. "Les chiffres bruts ne reflètent pas la réalité du chômage", explique Mathilde L., économiste à l'OFCE. "Il faut toujours analyser les composantes et les effets de structure."

Des disparités régionales

La hausse est particulièrement marquée dans les régions où le nombre de contrats courts est élevé : +2,1% en Provence-Alpes-Côte d'Azur, +1,8% en Occitanie. En revanche, l'Île-de-France enregistre une hausse modérée de 0,5%. Les secteurs les plus touchés sont l'hôtellerie-restauration et le commerce saisonnier.

Pour l'avenir, la Dares prévoit une stabilisation des inscriptions d'ici septembre, une fois que les effets de la réforme seront pleinement absorbés. "Il faudra attendre les données de septembre pour avoir une vision claire de la tendance sous-jacente", a précisé le chef du service statistique.

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