Delphine Jubillar : portrait de la victime d'un féminicide présumé
Delphine Jubillar : portrait d'une victime oubliée

Infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Ce lundi 6 juillet 2026, quelques semaines avant le procès en appel qui doit s'ouvrir le 21 septembre prochain, l'avocat pénaliste de Cédric Jubillar, Pierre Debuisson, a annoncé à La Dépêche du Midi que son client avait formulé « des aveux de culpabilité », dans une lettre, concernant le meurtre de son épouse. Nous republions à cette occasion un portrait de la victime initialement publié le 21 septembre 2025.

Une femme solaire et aimée

Un micro à la main, assise sur une chaise de jardin, elle chante à tue-tête un vieux tube des années 1980. À sa droite, deux jeunes femmes rient et chantent avec elle. Il fait nuit et l'image n'est pas nette, mais dans l'insouciance d'une soirée d'été, leur complicité crève l'écran. Cette vidéo, tournée par des amies, montre Delphine Jubillar telle que ses proches la décrivent : une femme solaire, joyeuse et généreuse.

Delphine Jubillar, née en 1987, exerçait le métier d'infirmière. Elle était mère de deux enfants, âgés de 6 et 2 ans au moment de sa disparition. Selon plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs, elle était une mère dévouée et une professionnelle appréciée. Ses collègues de la clinique de Carmaux la décrivent comme « une infirmière compétente et souriante, toujours prête à aider ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une disparition mystérieuse

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine Jubillar quitte le domicile conjugal à Cagnac-les-Mines et ne donne plus signe de vie. Son mari, Cédric Jubillar, prévient les gendarmes le lendemain matin. Les recherches sont lancées, mais le corps de Delphine n'est jamais retrouvé. L'enquête se concentre rapidement sur le conjoint, qui devient le principal suspect.

Selon les éléments de l'instruction, Cédric Jubillar aurait tué son épouse lors d'une dispute, avant de dissimuler le corps. Il a toujours nié les faits jusqu'à ses aveux en juillet 2026. « Il a écrit une lettre dans laquelle il reconnaît sa culpabilité », a précisé Me Debuisson à La Dépêche du Midi. Ces aveux interviennent alors que le procès en appel doit s'ouvrir en septembre 2026.

Un combat pour la mémoire

Les amies de Delphine Jubillar n'ont cessé de se mobiliser pour que l'affaire ne tombe pas dans l'oubli. Une affiche apposée à Cagnac-les-Mines le 7 décembre 2022, visible sur la photo de Charly Triballeau pour l'AFP, témoigne de leur combat. « Delphine, on ne t'oublie pas », peut-on y lire. Elles organisent régulièrement des rassemblements et des veillées.

« C'était une femme lumineuse, elle ne méritait pas ça », confie l'une de ses amies, qui souhaite rester anonyme. « On veut que justice soit faite et que son corps soit retrouvé pour qu'elle puisse reposer en paix. »

Un procès très attendu

Le procès en appel de Cédric Jubillar, initialement prévu pour septembre 2026, pourrait être marqué par ces aveux tardifs. La défense n'a pas révélé le contenu exact de la lettre, mais Me Debuisson a indiqué que son client « souhaite désormais collaborer avec la justice ». Les avocats des parties civiles, représentant la famille de Delphine, se disent « prudents mais soulagés que la vérité commence à émerger ».

Ce portrait de Delphine Jubillar, victime oubliée d'un féminicide présumé, rappelle que derrière les affaires judiciaires, il y a des vies brisées. Infirmière, mère, amie, elle était avant tout une femme dont le sourire et la joie de vivre restent dans les mémoires de ceux qui l'ont connue.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale