Carlos Amado, père de Clara Amado, victime du crash du vol Rio-Paris survenu le 1er juin 2009, est décédé le 3 septembre 2026 à l'âge de 81 ans, des suites d'une longue maladie. L'information a été confirmée par son avocat, Me Jean-Claude Guidicelli, qui l'a accompagné tout au long de la procédure judiciaire. Ce décès survient alors que les sociétés Airbus et Air France ont été condamnées en mai 2026 pour « homicides involontaires », au terme d'une procédure fleuve de dix-sept ans.
Un combat acharné jusqu'au bout
« Il a mené une lutte acharnée, il a fermé les yeux avec l'épilogue judiciaire de cette catastrophe », a réagi Me Guidicelli, joint par Var-Matin. L'avocat toulonnais a souligné que Carlos Amado emportait avec lui la satisfaction de voir les deux fleurons de l'aéronautique française reconnus coupables. « M. Amado emporte cette condamnation au paradis… », a-t-il ajouté.
Carlos Amado, Varois d'adoption, s'était confié à Var-Matin en octobre 2022 sur les circonstances de la mort de sa fille, âgée de 32 ans : « C'est quelque chose qui a changé ma vie. C'est vraiment très dur. Ça a pris des années pour essayer de m'en sortir. Bien sûr on n'en sort jamais, mais il faut bien vivre, j'ai des enfants, des petits-enfants… » Il s'était retiré en Occitanie, où il est décédé.
Une procédure judiciaire historique
Le crash du vol Rio-Paris, le plus meurtrier de l'histoire d'Air France, avait entraîné la mort des 228 personnes présentes à bord de l'appareil, qui s'est abîmé dans l'océan Atlantique. Des défaillances techniques avaient été mises en évidence lors de l'enquête.
Le 21 mai 2026, Airbus et Air France ont été condamnés en appel à 225 000 euros d'amende pour « homicides involontaires ». Les deux entreprises ont annoncé un pourvoi en cassation, laissant la procédure pénale potentiellement ouverte.
Une affaire pas tout à fait close
Sur le plan civil, une audience doit encore se tenir devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour examiner les conditions de l'indemnisation de la famille de Clara Amado. Me Guidicelli, qui avait obtenu une décision favorable dès 2010 devant la commission d'indemnisation des victimes d'infractions du tribunal judiciaire de Toulon, précise que cette procédure restait suspendue à l'issue du procès pénal. La disparition de Carlos Amado ne clôt toutefois pas ce volet, les ayants droit pouvant poursuivre la demande d'indemnisation.



