Le conseil municipal de Breil-sur-Roya, réuni le 7 septembre 2026, a été le théâtre d'une présentation détaillée des actions menées par la commune pour se conformer aux observations de la Chambre régionale des comptes (CRC). Le maire, Sébastien Olharan, a détaillé les mesures prises en matière d'assainissement budgétaire et de résilience après la tempête Alex. La commune a notamment réorganisé sa politique d'assurance, lancé une procédure judiciaire contre son assureur historique et renforcé la prévention des risques.
Une réponse de neuf pages à la Chambre régionale des comptes
Fin 2024, la Chambre régionale des comptes rendait ses observations sur la gestion de Breil-sur-Roya pour les années 2019 à 2025, évaluant la manière dont le village a vécu l'après-tempête Alex. Le rapport, rendu public en juin 2025, impliquait un retour de la commune dans un délai d'un an sur les actions entreprises suite au contrôle. C'est avec un léger retard que les neuf pages ont été envoyées à la juridiction financière, sous forme de présentation des changements opérés.
« Exceptionnellement, le contrôle a été fait en partenariat avec la Cour des comptes nationale, l'un des objectifs étant de participer à un retour d'expérience suite à la catastrophe », souligne le maire, Sébastien Olharan. Devant les élus, il a résumé les évolutions auxquelles la commune s'est soumise pour rentrer dans les clous.
Réorganisation de la politique d'assurance et procédure judiciaire
« La politique d'assurance a été réorganisée sur la base d'un inventaire complet du patrimoine, avec un choix assumé d'auto-assurance pour les dommages aux biens – face à l'absence d'offre adaptée sur le marché », a introduit le maire. Il a précisé que la Ville a parallèlement lancé une procédure judiciaire contre son assureur historique – la Smacl – afin d'obtenir « l'indemnisation nécessaire aux opérations d'investissements consécutives aux mouvements de terrain de la tempête Alex ».
Cette décision vise à garantir les fonds nécessaires pour les opérations d'investissement liées aux conséquences de la tempête. L'auto-assurance pour les dommages aux biens a été choisie en raison de l'absence d'offre adaptée sur le marché.
Renforcement des services techniques et gestion en interne
Alors qu'une observation de la CRC pointait le recours aux délégations de maîtrise d'ouvrage, le maire a signalé dans son rapport qu'il n'y en avait pas eu de nouvelle depuis le contrôle. « Au contraire, nous avons renforcé nos services techniques. Nous essayons de faire un maximum les opérations de maîtrise d'ouvrage en interne, y compris pour les acquisitions foncières de la place Brançion », a-t-il détaillé.
Sébastien Olharan a notamment expliqué avoir sollicité la SPLA (Société publique locale d'aménagement) pour annuler la délégation prévue, dans l'idée que la commune gère elle-même ce volet. « Ce n'est pas très compliqué : il suffit de donner les dossiers aux notaires vu qu'il s'agit d'acquisitions. L'intérêt de déléguer était que la SPLA pouvait nous porter la trésorerie de l'opération. Sauf qu'elle n'en a pas, donc autant le faire nous. »
Prévention des risques : de nombreuses actions menées
Concernant la prévention des risques, le maire a indiqué que de nombreuses actions ont été menées : installation de repères de crue, tenue d'exercices réguliers, acquisition de protections contre les inondations, intégration du risque dans des opérations de reconstruction… « Nous avons également travaillé sur des projets adaptés au risque : écovillage qui remplace camping, délocalisation prévue des services techniques, adaptation du bâtiment de la Poste, désimperméabilisation du quartier de l'Isola, construction du pont du stade trois fois plus long que l'ancien… », a-t-il listé.
Sur le plan purement financier, Sébastien Olharan a par ailleurs expliqué que les dépenses de fonctionnement ont été réduites, tandis que les recettes ont, elles, augmenté, grâce à la location de logements et de locaux commerciaux. Ces mesures concrètes visent à assainir les finances de la commune tout en renforçant sa résilience face aux risques naturels.



