Le Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE) a appelé le gouvernement à ouvrir une enquête administrative indépendante et nationale sur le groupe de crèches People & Baby, après la fermeture de deux établissements à Villejuif (Val-de-Marne) le 23 juillet dernier pour soupçons de maltraitances.
Des témoignages accablants
Une ancienne employée des microcrèches concernées, interrogée par Le Parisien, décrit des scènes choquantes. "J'ai vu des choses horribles", confie-t-elle, évoquant brimades, comportements racistes et violences physiques. Selon elle, des salariées disaient à une enfant "Tu pues" et la bousculaient, ou tiraient violemment les bras d'enfants refusant de ranger. Elle ajoute : "Quand je partais en pause déjeuner ou que je m'absentais pour faire le ménage, elles ne voulaient pas changer les couches des enfants dont je m'occupais selon le planning. Donc ils pouvaient rester une heure dans leur caca."
La jeune femme a multiplié les signalements sans être écoutée, et a dû saisir la Protection maternelle et infantile (PMI) pour déclencher des vérifications, confirme le Département du Val-d'Oise. Par ailleurs, dans une autre crèche du groupe, un bambin aurait été victime d'attouchements sexuels, donnant lieu à une enquête pénale.
Un passé déjà chargé
People & Baby n'en est pas à son premier scandale. Le groupe figure dans l'enquête de Victor Castanet, Les Ogres (Flammarion, 2024), aux côtés de Babilou, Les Petits Chaperons Rouges et La Maison Bleue. Ce dernier a déjà fait l'objet d'une enquête des autorités françaises, rappelle le SNPPE, qui exige que les mêmes outils de contrôle soient appliqués à People & Baby.
En 2022, un bébé de 11 mois est mort à Lyon après avoir ingéré un produit caustique. En décembre 2025, la crèche Joséphine-Baker à Montpellier a été fermée en raison d'une panne de chaufferie persistante, privant les enfants de chauffage et d'eau chaude. Un père avait déclaré à Midi Libre : "Nous avons été mis devant le fait accompli. Mon fils va mieux quand il ne va pas à la crèche." En mai dernier, une enfant de 21 mois a été hospitalisée en urgence avec un taux d'alcool de 2,14 g/L de sang à la sortie de l'établissement Les Petits Gaulois à Plaily (Oise). Son père a raconté au Parisien qu'à peine "reposée au sol, elle est tombée tête la première contre une porte". L'établissement a été fermé provisoirement.
Les revendications du SNPPE
Le syndicat demande un moratoire immédiat sur toute nouvelle autorisation, reprise d'établissement, délégation de service public ou réservation de berceaux au bénéfice de People & Baby. Il exige aussi le réexamen de toutes les autorisations détenues par ses établissements, avec administration provisoire, suspension ou fermeture si la sécurité des enfants n'est pas garantie. Enfin, il réclame "l'extinction programmée de l'activité de People & Baby comme gestionnaire de crèches, par le non-renouvellement des délégations de service public et le transfert organisé des établissements vers des gestionnaires publics, associatifs ou présentant des garanties suffisantes."
Des difficultés financières
Le SNPPE évoque également les difficultés financières du groupe et de possibles "infractions économiques et financières liées à l'utilisation de fonds publics". Fin 2024, People & Baby est entré en procédure de sauvegarde accélérée, et le fonds Alcentra en est devenu le principal actionnaire.



