La consommation de crack dans les rues de Marseille connaît une accélération « jamais connue », selon les autorités locales. Face à cette situation critique, la ville lance un appel pressant à l’État pour obtenir des moyens supplémentaires.
Une explosion de la consommation de crack à Marseille
Depuis plusieurs mois, les quartiers du centre-ville de Marseille, notamment autour de la gare Saint-Charles et du quartier de la Belle de Mai, sont le théâtre d’une recrudescence spectaculaire de la consommation de crack. Les riverains et les commerçants décrivent des scènes de plus en plus fréquentes de personnes sous l’emprise de cette drogue, avec des comportements erratiques et une dégradation de l’espace public.
Selon une étude locale, le nombre de consommateurs réguliers a augmenté de 20 % en un an, atteignant environ 3 000 personnes dans la métropole. Les services de police constatent également une hausse des signalements liés au crack, avec une multiplication par deux des interventions sur la voie publique au cours des douze derniers mois.
L’appel de la ville à l’État
Dans un courrier adressé au préfet de police et au ministère de l’Intérieur, la maire de Marseille, Michèle Rubirola, a exprimé son inquiétude face à cette « accélération jamais connue ». Elle demande la mise en place d’un dispositif d’urgence, incluant le renforcement des effectifs de police, l’ouverture de salles de consommation à moindre risque, et un plan de prise en charge sanitaire et sociale élargi.
« Nous ne pouvons plus laisser cette situation se dégrader. Il y a une urgence absolue à agir, tant pour les personnes dépendantes que pour les habitants qui subissent cette violence au quotidien », a déclaré l’édile lors d’une conférence de presse.
Des conséquences sanitaires et sociales alarmantes
Les professionnels de santé alertent sur les ravages du crack sur la santé des consommateurs : dégradation physique rapide, troubles psychiatriques, et surmortalité. Les associations de terrain, comme l’association AIDES, rapportent une augmentation de 30 % des prises en charge liées au crack dans leurs centres d’accueil.
La situation crée également des tensions dans les quartiers. Les habitants dénoncent une insécurité croissante, des nuisances sonores, et des trafics à ciel ouvert. Un collectif de riverains a lancé une pétition qui a recueilli plus de 5 000 signatures en quelques semaines, réclamant des actions concrètes.
Des solutions attendues
La municipalité propose plusieurs pistes : la création d’une maison de santé dédiée aux addictions, l’expérimentation de traitements de substitution à la méthadone, et le renforcement de la présence policière dans les zones les plus touchées. Elle demande également à l’État de participer financièrement à ces mesures, estimées à 10 millions d’euros par an.
Le préfet des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand, a indiqué que des discussions étaient en cours avec le ministère de l’Intérieur pour étudier ces demandes. Il a toutefois rappelé que la lutte contre le trafic de stupéfiants restait une priorité, avec des opérations de démantèlement menées régulièrement.
Un phénomène national
Cette situation n’est pas propre à Marseille. D’autres grandes villes françaises, comme Paris, Lille ou Bordeaux, connaissent des phénomènes similaires. Le gouvernement a annoncé en début d’année un plan national de lutte contre les addictions, mais les associations estiment que les moyens restent insuffisants.
En attendant, les Marseillais vivent avec cette réalité au quotidien. « On voit des gens qui sombrent, des familles détruites. Il faut que l’État prenne ses responsabilités », témoigne un habitant du quartier de la Belle de Mai.
La ville de Marseille espère une réponse rapide de l’État pour endiguer cette crise sanitaire et sociale sans précédent.



