Drame routier à Lille : conducteur sous alcool, stupéfiants et protoxyde d'azote jugé
Conducteur sous alcool, stupéfiants et protoxyde d'azote jugé à Lille

Un drame de la route aux multiples addictions

Le tribunal correctionnel de Lille juge ce mardi un jeune homme de 22 ans, impliqué dans un accident mortel survenu le 18 mars dernier. Alors qu'il conduisait une Citroën C4 Picasso sur le périphérique de Lille, en pleine nuit, il a percuté l'arrière d'un poids lourd. Sa passagère, une jeune femme de 20 ans, est décédée sur le coup. Le conducteur, légèrement blessé, a été rapidement mis en cause.

Des substances dangereuses à bord

L'enquête pour homicide routier a révélé que le prévenu avait consommé de l'alcool et des stupéfiants avant de prendre le volant. Mais plus inquiétant encore, les enquêteurs ont découvert plusieurs bombonnes de protoxyde d'azote à l'intérieur du véhicule. Lors de ses auditions, le jeune homme a reconnu en avoir consommé. Cette substance, souvent détournée de son usage médical pour ses effets euphorisants, est interdite à la détention, au transport et à la consommation par un arrêté préfectoral du Nord.

Deux infractions aggravantes

Le prévenu comparaît pour homicide routier avec deux circonstances aggravantes : l'alcool et les stupéfiants. En état de récidive légale, il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion. Me Hélène Vatinel, avocate de la famille de la victime, précise : « Le protoxyde d'azote n'est concerné que dans la deuxième infraction qu'on lui reproche. » Cette infraction, la violation de l'arrêté préfectoral, n'est punie que d'une contravention de 2e classe, soit 150 euros d'amende.

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Des débats sur le rôle du protoxyde d'azote

Pour Me Vatinel, ce procès ne doit pas se focaliser sur les effets du protoxyde d'azote : « Le vrai débat revient à demander : pourquoi tu conduis quand tu as consommé ? » De son côté, Me Antoine Regley, avocat spécialisé en droit routier, espère que la question du protoxyde d'azote jouera un rôle déterminant. Il défend la famille de Mathis, un jeune homme tué le 1er novembre 2025 à Lille par un chauffard sous protoxyde. Il souligne la difficulté de prouver la consommation de cette substance : « On a théoriquement une prise de sang qui pourrait la révéler, mais dans des délais tellement courts que c'est quasiment la preuve impossible. »

Une requalification possible

Dans cette affaire, le prévenu ayant reconnu sa consommation de protoxyde d'azote, le tribunal pourrait requalifier les faits en « sous stupéfiants après consommation de cannabis et de proto », selon Me Vatinel. L'avocate de la partie civile se garde de pronostiquer la peine, mais exprime la colère de la famille face à la récidive : « L'avertissement judiciaire n'a pas été pris en considération. »

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