Pesticides : l'État propose de réévaluer 7 produits, soit 0,28% des tonnages
Pesticides : réévaluation de 7 produits, 0,28% des tonnages

Le gouvernement français a proposé de réévaluer seulement sept produits phytosanitaires, soit 0,28 % des tonnages de pesticides utilisés dans le pays, après avoir été condamné par la justice à revoir les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces substances. Cette décision, annoncée le 23 juin 2026, suscite de vives réactions parmi les associations environnementales et les acteurs du secteur agricole.

Une condamnation historique

En mars 2026, le tribunal administratif de Paris avait enjoint l'État français de réexaminer l'ensemble des AMM de pesticides, estimant que les procédures d'évaluation des risques étaient insuffisantes. La décision faisait suite à une action en justice menée par plusieurs ONG, dont Générations Futures et l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF), qui dénonçaient l'absence de prise en compte des effets cocktails et des impacts sur la biodiversité.

Selon le jugement, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) devait revoir ses méthodes d'évaluation et, dans un délai de six mois, proposer un plan d'action pour les produits les plus préoccupants. L'État a donc présenté une liste de sept substances actives à réévaluer en priorité, parmi lesquelles figurent des herbicides et des fongicides largement utilisés dans les grandes cultures.

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Une réévaluation jugée insuffisante

Les associations environnementales ont immédiatement critiqué l'ampleur de la proposition. « Réévaluer seulement 0,28 % des tonnages, c'est une goutte d'eau dans l'océan des pesticides déversés chaque année dans nos campagnes », a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « L'État semble vouloir se conformer à la lettre de la décision de justice, mais pas à son esprit. Nous attendons une révision globale et transparente de toutes les AMM. »

De son côté, le ministère de l'Agriculture a justifié ce choix en expliquant que ces sept produits ont été sélectionnés sur la base de critères de dangerosité et de volumes d'utilisation. « Il s'agit d'une première étape nécessaire pour répondre aux exigences du tribunal », a indiqué un porte-parole. « D'autres produits seront examinés ultérieurement, en fonction des résultats de ces évaluations et des nouvelles données scientifiques. »

Des enjeux économiques et sanitaires

La question des pesticides est au cœur des préoccupations sanitaires et environnementales en France. Selon une étude de l'Inserm publiée en 2025, l'exposition aux pesticides est associée à une augmentation de 30 % des risques de maladie de Parkinson chez les agriculteurs et à des perturbations endocriniennes chez les enfants vivant à proximité des zones de traitement. Les tonnages annuels de pesticides utilisés en France dépassent les 60 000 tonnes, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique.

Le secteur agricole, quant à lui, redoute les conséquences économiques d'une restriction trop brutale. « Les agriculteurs ont besoin de solutions efficaces pour protéger leurs cultures », a souligné Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. « Une réévaluation doit se faire en concertation avec les professionnels et en proposant des alternatives viables. »

Prochaines étapes

L'Anses dispose désormais de six mois pour mener à bien l'évaluation des sept produits identifiés. Si des risques non maîtrisés sont confirmés, les AMM pourraient être retirées ou modifiées. Parallèlement, le gouvernement doit présenter un calendrier pour l'examen des autres substances. La pression judiciaire et citoyenne reste forte, alors que plusieurs recours sont déjà annoncés contre cette proposition jugée trop timide.

Ce dossier illustre les tensions entre impératifs de santé publique, protection de l'environnement et compétitivité agricole, dans un contexte où la France s'est fixé pour objectif de réduire de 50 % l'usage des pesticides d'ici 2030, conformément au plan Écophyto.

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