Le tribunal de Béziers a condamné, le 24 juin, un homme de 44 ans à quatre ans de prison pour corruption de mineur et détention d’images pédopornographiques, après un piège en ligne des gendarmes de Pézenas. L’avocat du prévenu, Me Florent Appe, a immédiatement fait appel de cette décision de justice.
Un faux profil créé par les enquêteurs
Le 18 juin dernier, les enquêteurs de la brigade de recherches de Pézenas ont ouvert une enquête sous pseudonyme afin de détecter les agissements d’auteurs d’infractions à caractère sexuel sur internet. Pour ce faire, ils ont créé un faux profil d’une jeune fille de 15 ans sur un site de discussion en ligne. Ils ont été approchés par un homme, disant avoir 34 ans, et qui faisait très rapidement des propositions à caractère sexuel. Il faut savoir que sur ce site, il faut avoir 18 ans pour s'inscrire et que le profil sous pseudo avait été rejeté lors de sa première tentative d'adhésion.
Un récidiviste aux multiples condamnations
Les investigations qui ont été menées par les militaires ont très rapidement permis de retrouver l’auteur, un homme âgé de 44 ans et non de 34 ans comme annoncé dans un premier temps. Il était domicilié à Béziers et était déjà connu pour des faits d’agression sexuelle commis à La Grande-Motte en mai 2025. Il ressortira des investigations que cet individu a déjà été condamné à 8 reprises entre 2003 et 2025, notamment pour des faits de vol et de violence, outre les faits d’agression sexuelle pour lesquels il avait été condamné en 2025 par le tribunal correctionnel de Montpellier.
Interpellation et découverte de fichiers pédopornographiques
Le quadragénaire a finalement été interpellé le 22 juin et placé en garde à vue. L’exploitation de son téléphone portable a permis de découvrir une multitude de fichiers à caractère pédopornographique ainsi qu’une conversation avec une jeune fille de 16 ans sur laquelle il exerçait du chantage afin d’obtenir des relations sexuelles. Il a reconnu, lors de sa garde à vue, les infractions reprochées tout en relativisant ses intentions.
La défense dénonce un piège
Me Florent Appe, qui défendait le prévenu, a insisté : "Il a été piégé par les gendarmes qui l'ont poussé à envoyer des photos de plus en plus osées. C'est la raison pour laquelle j'avais déposé des exceptions de nullité. Les gendarmes n'ont pas le droit de pousser à la commission des faits. C'est quelque chose de constant dans la jurisprudence française. C'est pour cela que je fais appel de cette décision. Ils ont poussé mon client à la faute, c'est ce que j'entends défendre devant la cour d'appel."
Une peine assortie de mesures de suivi
Outre les quatre ans de prison, le tribunal a assorti la peine d'un suivi socio-judiciaire de trois ans, d'une interdiction de contact avec des mineurs, et d'une inscription sur le Fijais, fichier national des délinquants sexuels. Le condamné devra signaler tous les ans son adresse aux forces de l'ordre et avertir chaque fois qu'il changera de commune. Dans le cas contraire, il risque de retourner en détention.



