Ce lundi 29 juin, une réunion d'information s'est tenue à l'école Jean-de-la-Fontaine à Montpellier, à l'invitation de la mairie, suite à la suspension d'un animateur périscolaire visé par deux plaintes pour agression sexuelle. Plus de 70 personnes étaient présentes, dont des représentants de la mairie, de Jeunesse et Sports et l'avocate de la Ville.
Un signalement dès mars, une réunion en juin
L'adjointe à la réussite scolaire et petite enfance, Tasnime Akbaraly, a rappelé la chronologie : l'animateur a été suspendu dès le signalement effectué par une famille en mars dernier. Cependant, de nombreux parents ont interrogé le délai entre la suspension et la réunion d'information, organisée à la veille des vacances scolaires. Un parent d'élève présent a exprimé son incompréhension : « On ne comprend pas le délai de communication que la mairie justifie par le respect du secret de l'instruction. Mais elle n'est pas tenue légalement de le faire. Une fois que l'animateur a quitté l'établissement, que se passe-t-il dans la tête des enfants ? Les parents ont ressenti une énorme frustration vis-à-vis des réponses apportées. La mairie semble dépassée par ces événements. »
Trois heures de débats émotionnels
La réunion a duré près de trois heures, marquée par des échanges parfois tendus et beaucoup d'émotions. Tasnime Akbaraly a expliqué la communication à retardement : « Nous avons répondu aux injonctions de la police et de la justice pour que les enquêteurs puissent faire leur travail, notamment les auditions d'agents, pour écarter toute hypothèse de complicité. La garde à vue a été planifiée, ce sera au juge d'instruction de décider d'une mise en examen ou pas. » Elle a interrogé : « Faudrait-il communiquer à tout prix quitte à ce qu'il n'y ait pas d'instruction et que la justice ne soit pas rendue ? »
Inquiétude et défiance des familles
À la veille des vacances, les familles sont emplies d'amertume. Un père de famille a confié : « Il y a une perte de confiance. Je ne pense pas que je mettrai ma fille au centre de loisirs, je la garderai avec moi en télétravail. J'ai peur. J'ai toujours eu confiance dans les équipes éducatives. Mais aujourd'hui même quelqu'un qui fait bonne impression peut avoir des vices. » Il n'a pas directement interrogé ses enfants sur le comportement de l'animateur suspecté, mais a « refait de la prévention sur la question des parties intimes. » Dans les couloirs, d'autres parents évoquent la possibilité de porter plainte contre la mairie. « Des gens ont la boule au ventre et n'en dorment pas de la nuit. »
Mesures mises en place
L'adjointe a rappelé les actions entreprises : cellule d'écoute psychologique, formulaire de signalement, coopération avec les associations de protection de l'enfance et le CHU de Montpellier. « Je suis déterminée à travailler tout l'été pour apporter des réponses en termes de formation, recrutement et de sensibilisation. Mais il est vrai qu'on ne va pas former tous les agents dans l'été. »



