Un destin des années 1970 entre ombre et lumière... La vie de Claudine Longet a flirté avec les paillettes, a basculé dans le fracas avant de sombrer dans un silence assourdissant après la mort tragique de son compagnon, le skieur Spider Sabich, en 1976. Elle a prétendu que le coup était parti tout seul ; la justice américaine l'a condamnée pour homicide involontaire, mais le drame a signé la fin complète de sa carrière.
Des Folies Bergère à Hollywood
Pour la petite Française aux yeux de biche, tout a commencé sur les chapeaux de roues lorsqu'elle est devenue showgirl dans une revue des Folies Bergère à Las Vegas en 1960. Elle a basculé soudainement dans la notoriété en épousant le chanteur américain Andy Williams, croisé par hasard sur une route menant à Vegas. Coup de foudre, mariage, trois enfants et une complicité professionnelle qui a donné un formidable coup d'accélérateur à sa carrière.
Dès 1963, la jeune Claudine apparaît dans The Andy Williams Show, les émissions de variété de son époux, décroche plusieurs rôles dans des séries américaines des années 1960 – Mr Novak ou Run for Your Life – et quelques films comme The Party, avec Peter Sellers, où elle interprète son fameux titre Nothing to Lose.
Son mari l'aide également à décrocher un contrat chez le label A&M Records de Herb Alpert et Jerry Moss, avec succès puisque son premier album Claudine, sorti en 1967, s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires. La nouvelle icône de l'easy listening, au timbre lisse et angélique, enregistre plusieurs albums, dont deux sous le label de son époux. Longet et Williams deviennent un couple à la mode ; ils posent avec leurs enfants, sont proches de Robert F. Kennedy, le frère du président assassiné qui vise la présidence, et de sa femme Ethel, rapporte le site Variety. Ils sont même à ses côtés pour regarder à la télévision son discours de victoire aux primaires, en 1968, dans la suite du sénateur. Quand ce dernier est abattu, le couple rejoint immédiatement la famille Kennedy à l'hôpital ; ils appelleront leur dernier fils Robert en sa mémoire.
Meurtre à Aspen
Au début des années 1970, Claudine rencontre le champion américain de ski Wladimir Sabich, un play-boy surnommé Spider Sabich, et s'installe avec lui dans le Colorado, après avoir divorcé de Williams en 1975. Un an plus tard, c'est le drame : Longet tire sur Sabich avec un vieux Luger ; le champion âgé de 31 ans s'écroule dans sa salle de bain et meurt sur le chemin de l'hôpital. La chanteuse soutient alors que le coup est parti pendant que son compagnon lui montrait comment son pistolet fonctionnait, un concours de circonstances malheureux.
Meurtre ou accident ? L'affaire passionne évidemment les médias : une chanteuse déchue, amie des Kennedy, un champion beau-gosse, le décor d'Aspen, la station chic des nantis. L'enquête est bâclée, mal ficelée ; l'expertise de l'arme conclut que le cran de sûreté était défectueux. La justice condamne la Française à 30 jours de prison ferme et deux ans avec sursis pour homicide involontaire.
La famille de Sabich intente alors une action contre Claudine Longet pour 1,3 million de dollars, mais l'affaire se règle à l'amiable ; la chanteuse s'engage à ne jamais évoquer publiquement sa vie avec le champion et sa mort tragique. Ce qu'elle fait, en glissant peu à peu dans le silence et l'oubli après avoir épousé son avocat Ron Austin. Celui-là même qui lui avait évité de finir sa vie en prison.



