Les juges d'instruction en charge de l'enquête sur la mort de Thomas Perotto, lycéen de 16 ans poignardé en novembre 2023 à Crépol (Drôme), ont retenu la circonstance aggravante de racisme contre les jeunes mis en examen. Cette décision, révélée jeudi 23 juillet 2026 par plusieurs sources proches du dossier à l'AFP, s'appuie sur les déclarations d'une dizaine de témoins du drame. Selon l'une de ces sources, certains témoins ont rapporté avoir entendu des propos tels que « on est là pour planter des Blancs ».
Des témoignages dès le début de l'enquête
Dès novembre 2023, le procureur de Valence avait signalé dans un communiqué que « neuf témoins ou victimes sur les 104 auditionnés entendent des propos hostiles aux Blancs ». Les juges d'instruction ont ajouté cette circonstance aggravante après avoir reçu des observations de certaines parties civiles, qui regrettaient que ces témoignages n'aient pas été pris en compte précédemment.
Les faits : une soirée de bal qui tourne au drame
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, à l'issue du « bal de l'hiver » de Crépol, un groupe de jeunes venus pour certains du quartier populaire de la Monnaie à Romans-sur-Isère s'est battu avec des jeunes du village. Dans la confusion, des couteaux ont été sortis, blessant grièvement quatre personnes. Thomas Perotto, lycéen de 16 ans et amateur de rugby, est décédé lors de son transport à l'hôpital. Quatorze jeunes hommes ont été mis en examen pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée, mais aucun n'a jamais admis avoir porté le coup mortel.
Réactions politiques
Ce drame avait suscité une forte émotion et de nombreux commentaires dans la sphère politique, notamment à droite et à l'extrême droite, qui dénonçaient une insécurité croissante dans les campagnes et un racisme anti-Blancs. Jeudi, plusieurs élus se sont dits confortés par la décision des juges. Le chef des députés LR Laurent Wauquiez a écrit sur X : « Pendant des mois, certains ont fermé les yeux. La justice rappelle aujourd'hui une vérité : le racisme anti-Français existe et doit être combattu. Justice pour Thomas. » Le député RN de la Drôme Thibaut Monnier a « salué » « une avancée judiciaire », tandis que l'eurodéputée d'extrême droite Marion Maréchal a réagi sur X : « Enfin, la parole des victimes et des témoins est entendue. »
Procédure judiciaire en cours
En mai 2026, après des dizaines d'auditions et une reconstitution virtuelle du drame, les juges d'instruction avaient notifié aux parties la fin de leur enquête. Un mois plus tard, le parquet avait requis le renvoi devant une cour d'assises de onze des mis en cause pour homicide et tentative d'homicide, sans retenir la circonstance aggravante de bande organisée. Chaque partie a ensuite adressé ses observations, et les juges ont rendu lundi un nouvel avis de fin d'information incluant la circonstance aggravante de racisme. Il leur reste à rédiger une ordonnance de mise en accusation, en suivant ou non les réquisitions du parquet. Un procès ne devrait pas avoir lieu avant 2027.



