Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné ce mardi 20 octobre un ressortissant espagnol à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme. En octobre 2023, sur la route des plages entre Ramatuelle et Saint-Tropez, sous l’emprise de l’alcool et de la cocaïne, il avait percuté à grande vitesse un scooter, tuant son pilote d’origine belge, puis une Porsche conduite par le champion de ski Clément Noël. Ce dernier et sa compagne avaient été légèrement blessés.
Un drame sur la route des plages
Costume trois pièces, droit comme un « i », tenant à s’exprimer en français le plus possible, Humberto cherche de toute évidence à montrer au tribunal correctionnel de Draguignan en ce mardi 20 octobre qu’il n’est plus le même homme que celui qui avait causé la mort de John B. deux ans auparavant à Ramatuelle.
Ce soir du 7 octobre 2023, alcoolisé - 1,71 g/L de sang - et sous cocaïne, ce second de cuisine d’origine espagnole avait abordé à 119 km/h un virage à droite de la tristement célèbre route des plages. Bien au-dessus des 70 km/h réglementaires… Et bien trop vite pour tenir sa droite. Arrivant en sens inverse et à allure modérée au guidon de son scooter T-Max, John ne pouvait éviter la Seat Ibiza qui se présentait face à lui. Le choc, établi à 114 km/h par un expert en accidentologie, était fatal au sexagénaire belge en villégiature dans la région. Il était en chemin pour rejoindre ses proches dans un restaurant ramatuellois.
Le choc avec la Porsche de Clément Noël
L’impact initial n’était pas suffisant pour mettre un terme à la course folle de la Seat d’Humberto. Elle heurtait ensuite la Porsche Carrera conduite par le skieur alpin Clément Noël, alors en route pour La Croix-Valmer. Le champion olympique de slalom 2022 et sa compagne faisaient fi de leurs blessures - arrachement osseux au pied pour lui, entorse cervicale pour elle - pour se porter au secours de John. Mais il était déjà trop tard. John décédait avant même l’arrivée des secours, victime d’un grave traumatisme crânien.
« C’était le dernier jour de la saison et nous avions fait une fête au restaurant, se souvient Humberto. J’avais bu du champagne et de la tequila. Je n’étais pas conscient de mon état, sinon je n’aurais pas conduit. » C’est d’ailleurs pour ramener chez lui un ami, très fortement alcoolisé lui aussi, qu’Humberto avait décidé de prendre la route. Mais des circonstances de l’accident, le jeune homme de 34 ans n’en garde aucun souvenir au point, dans un premier temps, d’avoir affirmé aux gendarmes que le scooter était en faute…
La défense et les parties civiles
« Il a eu du mal à admettre être l’auteur d’un tel drame, explique Me Patrick Giovannangeli en défense. C’est une réaction humaine. » « Je me souviens juste voir une lumière en face de moi, puis de me réveiller dans l’ambulance, ajoute le prévenu. J’ai compris être responsable quand j’ai pu voir les images de l’accident. Savoir que j’ai causé le décès de quelqu’un est horrible. C’est la pire des choses. »
Sur le banc des parties civiles, les filles de la victime laissent leur avocat, Me Richard Sedillot, s’interroger en leur nom sur cet étrange « sourire » constaté sur le visage d’Humberto par Clément Noël et sa compagne. « En aucun cas du mépris, réplique Me Giovannangeli. Sur l’instant, c’est la marque d’une sidération. »
La peine prononcée
Après l’accident, Humberto, au casier judiciaire vierge, avait passé dix mois en détention. Il devra sans doute y retourner. Car le tribunal a prononcé à son encontre une peine de cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme à son encontre, ainsi que l’obligation d’effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Son permis annulé, il devra attendre cinq ans avoir de pouvoir le repasser.