C'est ainsi qu'on enterre les bourreaux : enquête sur les sépultures des tortionnaires
C'est ainsi qu'on enterre les bourreaux

Le Point publie une enquête approfondie sur le sort réservé aux sépultures des bourreaux et criminels de guerre. L'article, signé par une journaliste du magazine, explore les pratiques d'inhumation de ces figures sombres de l'histoire, souvent entourées de secret et de controverse.

Des tombes discrètes pour éviter les polémiques

Selon l'enquête, de nombreux tortionnaires sont enterrés dans des cimetières ordinaires, sans pierre tombale ou avec des marques minimales. L'objectif est d'éviter que leurs sépultures ne deviennent des lieux de pèlerinage pour les nostalgiques ou des cibles pour les vengeurs. Un historien cité dans l'article explique : « La plupart des familles choisissent la discrétion pour protéger les proches des représailles. »

L'enquête mentionne le cas de Klaus Barbie, le « boucher de Lyon », dont la tombe à La Paz, en Bolivie, a été profanée à plusieurs reprises. Ses cendres ont finalement été dispersées dans un lieu tenu secret.

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Quand l'État intervient

Dans certains cas, l'État prend en charge l'enterrement des criminels de guerre, notamment lorsqu'ils sont exécutés après un procès. En France, les condamnés à mort guillotinés étaient souvent inhumés dans des fosses communes au cimetière de la prison. L'article précise que « depuis l'abolition de la peine de mort en 1981, les criminels de guerre purgent leur peine en prison et, à leur mort, sont remis à leurs familles pour inhumation. »

L'enquête révèle que des figures comme Paul Touvier, milicien condamné pour crimes contre l'humanité, ont été enterrées dans des cimetières privés, avec l'accord des autorités locales.

Des honneurs réservés aux plus hauts dignitaires

À l'inverse, certains bourreaux bénéficient d'enterrements officiels. L'exemple le plus frappant est celui de Pol Pot, leader des Khmers rouges, mort en 1998. Il a été incinéré selon le rite bouddhiste, et ses cendres ont été placées dans une pagode, suscitant l'indignation des survivants du génocide. L'article cite un chercheur : « Pol Pot a eu droit à des funérailles dignes d'un chef d'État, ce qui a été vécu comme une insulte par les victimes. »

En Argentine, le dictateur Jorge Rafael Videla a été enterré dans un cimetière militaire, avec les honneurs, avant que sa tombe ne soit transférée dans un lieu non divulgué après des protestations.

Le débat sur la mémoire

L'enquête soulève la question de la gestion mémorielle. Faut-il laisser les tombes des bourreaux visibles pour ne pas oublier les crimes, ou vaut-il mieux les effacer pour éviter toute glorification ? En Allemagne, les tombes des hauts dignitaires nazis ont été détruites ou rendues anonymes. L'article rapporte que « le cimetière de la prison de Spandau, où fut enterré Rudolf Hess, a été rasé après sa mort. »

L'enquête du Point montre que chaque pays adopte une approche différente, souvent dictée par des considérations politiques et culturelles.

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