Un aveu qui met fin à six ans d'énigme
Près de deux mois avant l'ouverture de son procès en appel, Cédric Jubillar est finalement passé aux aveux mercredi et a indiqué l'emplacement où il a enterré son épouse Delphine, disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Les enquêteurs de la gendarmerie nationale ont ainsi mis au jour, ce jeudi 16 juillet 2026, des ossements humains enfouis en lisière d'un bois situé entre les villages tarnais de Mailhoc et de Villeneuve-sur-Vère.
Des ossements sous la loupe de l'IRCGN
Les restes découverts correspondent pour l'heure au bas du corps de la victime, comprenant notamment deux fémurs. Une centaine de gendarmes, épaulés par des équipes de lutte anti-drones, poursuivent activement les fouilles pour retrouver le reste du squelette, qui a pu être accidentellement éparpillé par des travaux agricoles au fil des ans. Les précieux ossements doivent être acheminés ce vendredi matin au prestigieux laboratoire de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. Les experts militaires débuteront leurs analyses dès vendredi après-midi afin de valider scientifiquement l'identité de l'infirmière, notamment par comparaison d'empreintes dentaires ou extraction d'ADN sur les cheveux et les dents.
La parole est au squelette
Une fois l'identité officiellement établie, l'autopsie aura la lourde tâche de confronter la nouvelle version du peintre plaquiste, qui plaide désormais les violences mortelles sans intention de tuer. Interrogé récemment par 20 Minutes, le médecin légiste Philippe Boxho prévient que le squelette conserve de nombreuses traces physiques, comme les fractures crâniennes résultant d'un traumatisme contondant ou les stigmates d'une strangulation. L'expert tempère toutefois en précisant que l'absence de traces osseuses reste possible si les coups portés n'ont touché que des tissus mous. Pour sa part, le médecin légiste Bernard Marc explique au Parisien que des fragments de cartilage ou des ligaments résiduels s'avèrent extrêmement précieux pour guider les scientifiques dans la compréhension des derniers instants de la victime.
Un calendrier judiciaire bousculé
Le travail d'analyse s'annonce particulièrement complexe et minutieux sur un corps resté enfoui pendant près de six ans. Bernard Marc explique également qu'un protocole très strict de nettoyage préalable des ossements doit être respecté, avant de procéder à leur réassemblage anatomique et à des examens d'imagerie poussés. Ces investigations techniques de haute précision nécessiteront au minimum plusieurs semaines de travail en laboratoire. Face à ces contraintes scientifiques incontournables, Bernard Marc estime qu'il sera matériellement impossible de maintenir la date du procès en appel de Cédric Jubillar, actuellement programmé pour débuter le 21 septembre prochain devant la cour d'assises de Haute-Garonne.



