Carcassonne : Nuñez saisit l'IGGN après des propos racistes
Carcassonne : Nuñez saisit l'IGGN après des propos racistes

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce dimanche 13 septembre la saisine de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) après la diffusion d'une vidéo montrant des policiers municipaux de Carcassonne tenir des propos racistes le 6 novembre 2025. Il a également exprimé sa colère et estimé que ces propos "auraient dû être condamnés avant".

Une vidéo accablante révélée par Midi Libre

Dans l'émission de France Télévision Franc-Jeu, Laurent Nuñez a déclaré : "Je ressens de la colère. Ces propos sont inacceptables, racistes, misogynes, on ne doit pas entendre ça dans les rangs de la police, y compris dans ceux de la police municipale." Selon lui, ces propos jettent "le discrédit sur l'ensemble des forces de sécurité intérieure".

Le ministre a rappelé avoir saisi l'inspection générale de l'administration pour effectuer un audit de la police municipale de Carcassonne, après en avoir informé le maire. Il a ajouté avoir "saisi l'inspection générale de la gendarmerie pour essayer de comprendre pourquoi cette vidéo et ces propos ne nous sont pas remontés plus vite".

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Une enquête judiciaire limitée à la diffusion

Laurent Nuñez a précisé que les investigations judiciaires lancées ne concernaient que la diffusion de la vidéo, en lien avec l'atteinte à la vie privée, et non le fond des propos. "Comme ministre de l'Intérieur, j'ai envie de comprendre pourquoi une vidéo dont on avait connaissance fin 2025 a mis autant de temps à remonter", a-t-il expliqué.

Il a également noté que depuis la sortie de la vidéo, le parquet a ouvert une enquête sur le fond des propos tenus, et que les agréments de ces officiers de police municipale ont été suspendus. Interrogé sur la bonne foi du maire de Carcassonne, Christophe Barthès, dont le bureau a reçu les conclusions de l'enquête administrative le 19 mai dernier sans qu'elles permettent d'établir avec certitude l'identité des auteurs, le ministre a estimé que "les propos auraient dû être condamnés dès qu'ils ont été tenus".

Des propos enregistrés par caméras piétons

L'affaire trouve son origine dans une séquence enregistrée le 6 novembre 2025 à l'aide de caméras piétons portées par des policiers municipaux de Carcassonne. D'une durée de près de six heures, l'enregistrement contient des échanges à caractère raciste, complotiste et misogyne. Les agents concernés ne semblaient pas avoir conscience que leur dispositif filmait pendant leur service.

La découverte de ces images par plusieurs membres des services municipaux a conduit C.R., identifié comme l'un des principaux protagonistes, à déposer plainte pour atteinte à sa vie privée. Le fond des propos n'a jamais fait l'objet d'une enquête judiciaire jusqu'à récemment. Seule une enquête administrative avait été diligentée par l'ancienne mairie, dont les conclusions restent méconnues. Les policiers municipaux mis en cause ont été suspendus sur décision du parquet de Carcassonne.

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