Cagnes-sur-Mer parraine le 1er régiment de Chasseurs d'Afrique
Cagnes-sur-Mer parraine le 1er régiment de Chasseurs d'Afrique

Le 25 juin 2026, le conseil municipal de Cagnes-sur-Mer a voté à l'unanimité le parrainage du 1er Régiment de chasseurs d'Afrique (1er RCA) de Canjuers. Cette convention vise à promouvoir l'armée auprès des jeunes, après des années de blocage par le Rassemblement national.

Un parrainage pour recruter et renouer les liens

Le 1er RCA, basé à Draguignan et s'entraînant sur le plus grand champ de tir d'Europe occidentale, est spécialisé dans la formation des équipages blindés. L'adjoint au maire délégué aux Cérémonies patriotiques, Jean-Pierre Woignier, explique l'objectif : "faciliter les relations Armée-Nation, mises à mal depuis la fin du service militaire. Aujourd'hui, il faut que l'armée sorte des casernes. Elle a besoin de se créer une nouvelle image et de présenter ses missions."

Ce parrainage répond à un besoin de recrutement. À l'heure des guerres en Ukraine et en Iran, les armées manquent cruellement de troupes. "Il faut que les jeunes découvrent les métiers de l'armée. Des rencontres seront organisées dans les établissements scolaires", projette l'élu. Des visites du camp de Canjuers sont également prévues : "Nous pourrons, d'ici les prochaines années, prendre un car avec des gamins volontaires et aller à Canjuers pour leur faire découvrir le régiment, son matériel, ses entraînements, son histoire."

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Un enjeu patriotique et personnel

Jean-Pierre Woignier souligne aussi "un enjeu patriotique : la valorisation de l'engagement". Son fils, François, a donné sa vie pour la France lors d'une manœuvre d'entraînement en 2017. Durant ses quinze années de services, il était passé par Canjuers. "Ce parrainage n'en est que plus fort", confie le père.

Le 1er RCA est une cavalerie de combat fondée en 1832 sous le règne de Charles X. Son histoire est viscéralement liée à l'Algérie. Après les deux conflits mondiaux et la Libération, l'indépendance algérienne a débouche sur sa dissolution en 1963, avant d'être recréé sous sa forme actuelle en 1998.

Le blocage du Rassemblement national

Si le parrainage n'a pas abouti plus tôt, c'est en lien avec la guerre d'Algérie. Un conseiller municipal encarté au RN, Jean-Paul Pérez, a fait barrage durant des années, exigeant en échange de son soutien "l'installation d'une stèle marquant le 60e anniversaire du retour en France des pieds-noirs". Cette stèle comprenait les noms d'anciens membres de l'Organisation de l'armée secrète (OAS), dont Jean Bastien-Thiry, chef du commando de l'attentat raté du Petit-Clamart visant le général de Gaulle.

L'opposant Lionel Dolciani raille : "Cette obstruction par son propre parti, pour de tels motifs, est un comble pour Bryan Masson [le maire actuel, RN]." En séance, le maire s'en est défendu. Jean-Paul Pérez a répliqué sur Facebook : "Je signale au maire de Cagnes-sur-Mer que je n'ai jamais été exclu du Rassemblement national et jusqu'à présent j'étais convoqué aux réunions d'élus du parti."

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