Cagnes-sur-Mer : une journaliste agressée par un élu RN
Cagnes-sur-Mer : journaliste agressée par un élu RN

Une journaliste de Nice-Matin a été victime d'une agression physique de la part d'un élu municipal du Rassemblement national (RN) à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Les faits se sont déroulés le jeudi 6 août lors d'une cérémonie commémorative, selon les informations publiées par le quotidien régional.

Une altercation lors d'une cérémonie officielle

La journaliste, qui couvrait l'événement pour le compte de Nice-Matin, a expliqué avoir été bousculée et attrapée par le bras par l'élu, qui lui aurait également arraché son téléphone portable des mains. L'incident a eu lieu alors que la reporter s'apprêtait à prendre des photos de la cérémonie. L'élu, dont l'identité n'a pas été révélée dans un premier temps, conteste fermement les accusations, évoquant une simple « discussion animée ».

Selon le récit de la journaliste, l'élu l'aurait prise à partie de manière virulente, l'accusant de « ne pas respecter la solennité de l'événement ». La tension serait montée d'un cran lorsque la reporter a tenté de photographier l'élu, ce qui aurait déclenché sa réaction. L'agression aurait été brève mais violente, laissant la journaliste sous le choc.

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Une plainte déposée et le soutien de la profession

La journaliste a déposé plainte au commissariat de Cagnes-sur-Mer le jour même. La direction de Nice-Matin a apporté son soutien à sa reporter et a annoncé son intention de se porter partie civile. Dans un communiqué, le quotidien a dénoncé « une atteinte intolérable à la liberté de la presse » et a appelé les autorités à faire toute la lumière sur cette affaire.

L'affaire a suscité une vive émotion dans le monde des médias. Plusieurs syndicats de journalistes, dont la Société des journalistes (SDJ) de Nice-Matin, ont exprimé leur solidarité et demandé des sanctions exemplaires. Le maire de Cagnes-sur-Mer, qui n'était pas présent au moment des faits, a réagi en affirmant qu'il attendait les résultats de l'enquête avant de se prononcer.

Un contexte de tensions récurrentes

Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre les élus locaux et la presse régionale. Selon un rapport de l'Observatoire de la presse, les agressions envers les journalistes ont augmenté de 23 % en France au cours des deux dernières années. Les correspondants locaux sont particulièrement exposés, notamment lors d'événements publics où ils sont amenés à côtoyer des personnalités politiques.

L'élu RN, qui siège au conseil municipal de Cagnes-sur-Mer depuis 2020, est connu pour ses positions tranchées sur l'immigration et la sécurité. Il a déjà eu affaire à la justice pour des propos jugés outranciers, mais jamais pour des faits de violence physique. Ses avocats ont indiqué qu'ils allaient déposer une plainte pour diffamation, estimant que la version de la journaliste était « mensongère ».

Une enquête en cours

Le parquet de Grasse a ouvert une enquête pour « violences volontaires sans incapacité totale de travail » et « destruction de bien ». Les enquêteurs devront entendre les témoins de la scène, notamment les autres personnes présentes lors de la cérémonie. La vidéosurveillance municipale pourrait également être exploitée pour établir les faits.

En attendant, la journaliste, qui a repris son travail, dit avoir reçu de nombreux messages de soutien de la part de ses confrères et de lecteurs. Elle espère que cette affaire servira de leçon et rappellera que les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans crainte d'intimidation ou de violence.

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