Mehdi Laribi, un homme présenté par les autorités comme un cadre de la DZ Mafia, a été arrêté en Algérie à la fin du mois de juillet, selon des informations concordantes obtenues par Le Monde. Cette arrestation fait suite à l'exécution d'un mandat d'arrêt français, marquant une nouvelle étape dans la coopération judiciaire entre la France et l'Algérie dans la lutte contre le narcobanditisme.
Une arrestation discrète mais significative
L'arrestation de Mehdi Laribi, dont le nom était déjà connu des services de renseignement français, s'est déroulée dans des conditions discrètes. Les détails exacts de l'opération n'ont pas été officiellement communiqués, mais plusieurs sources proches du dossier confirment que le mandat d'arrêt français a été exécuté par les autorités algériennes. Cette action intervient dans un contexte de tensions historiques entre les deux pays, mais aussi de coopération croissante en matière de sécurité.
La DZ Mafia, dont Laribi serait un cadre, est l'une des organisations criminelles les plus actives dans le trafic de stupéfiants entre l'Afrique du Nord et l'Europe. Selon les estimations des enquêteurs, ce réseau serait responsable d'une part significative des saisies de cocaïne et de cannabis dans le sud de la France. Les enquêtes récentes ont mis en lumière l'ampleur de ses activités, avec des centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires illégal chaque année.
Une coopération judiciaire franco-algérienne en progrès
Cette arrestation illustre les progrès de la coopération entre Paris et Alger, qui ont longtemps été entravés par des contentieux mémoriels et politiques. Depuis quelques années, les deux pays ont renforcé leurs échanges d'informations et leurs actions conjointes contre le crime organisé. En 2024, un accord bilatéral a été signé pour faciliter les procédures d'extradition, et plusieurs opérations conjointes ont déjà abouti à des arrestations importantes.
Selon un haut fonctionnaire français, « cette arrestation est le fruit d'un travail de longue haleine entre les services de police et de justice des deux pays ». Il ajoute : « Elle démontre que la coopération fonctionne, même dans des dossiers sensibles ». Toutefois, les autorités françaises n'ont pas encore officiellement commenté l'arrestation, et il n'est pas certain que Laribi soit extradé vers la France dans l'immédiat.
Quel avenir pour Mehdi Laribi ?
Mehdi Laribi, âgé d'une trentaine d'années, était recherché par la justice française pour son rôle présumé dans des affaires de trafic de stupéfiants et de blanchiment d'argent. Il serait impliqué dans plusieurs réseaux opérant entre Marseille, la région parisienne et l'Algérie. Son arrestation pourrait permettre de démanteler une partie de ces réseaux, même si les enquêteurs restent prudents.
Selon des sources proches du dossier, Laribi pourrait être jugé en Algérie si les faits qui lui sont reprochés relèvent de la législation algérienne, ou être extradé vers la France si les conditions sont réunies. Les procédures d'extradition entre les deux pays sont souvent longues et complexes, mais cette arrestation est perçue comme un signal fort envoyé aux organisations criminelles.
Un symbole pour la lutte contre le narcobanditisme
Cette affaire intervient alors que la France a fait de la lutte contre le narcobanditisme une priorité nationale. Le gouvernement a annoncé en début d'année un plan de lutte renforcé, avec des moyens supplémentaires pour les services de police et de douane. Les arrestations à l'étranger de cadres de réseaux criminels sont considérées comme essentielles pour déstabiliser ces organisations.
Pour les observateurs, l'arrestation de Mehdi Laribi est un exemple de la nécessité d'une coopération internationale étroite. « Le narcobanditisme ne connaît pas de frontières », souligne un expert en sécurité. « Les réseaux sont de plus en plus sophistiqués, et seule une réponse coordonnée peut être efficace. » Cette arrestation pourrait donc encourager d'autres pays à renforcer leur collaboration avec la France.
Dans l'attente de la suite de la procédure, les autorités françaises restent discrètes. Mais cette affaire confirme que la traque des cadres de la DZ Mafia se poursuit, y compris au-delà des frontières nationales.



