La justice brésilienne a ordonné, mercredi 12 août, la suspension des diffusions en direct sur la plateforme Discord, après le suicide d'une adolescente de 13 ans. Cette décision, rapportée par le média brésilien Folha de S.Paulo, vise à permettre une enquête sur les circonstances du drame, qui serait lié à des défis dangereux relayés sur la plateforme.
Une décision judiciaire aux conséquences immédiates
Le tribunal de São Paulo a enjoint Discord de bloquer immédiatement les fonctionnalités de diffusion en direct sur l'ensemble du territoire brésilien. La mesure restera en vigueur jusqu'à ce que l'entreprise fournisse les données demandées par les enquêteurs, notamment les informations relatives aux comptes impliqués dans le harcèlement de l'adolescente.
Selon la plainte déposée par la famille, la jeune fille aurait été poussée à se suicider après avoir participé à des défis dangereux, dont certains étaient diffusés en direct. Les enquêteurs soupçonnent que des adultes aient organisé ces défis, incitant les mineurs à se mutiler ou à se mettre en danger.
Discord face à ses responsabilités
Discord, qui compte environ 30 millions d'utilisateurs au Brésil, a annoncé qu'il allait faire appel de la décision. La plateforme affirme coopérer avec les autorités et avoir déjà fourni des informations, mais estime que la suspension des directs est disproportionnée et pourrait nuire à ses nombreux utilisateurs légitimes.
Cette affaire relance le débat sur la régulation des plateformes en ligne au Brésil. Le pays envisage actuellement un projet de loi visant à renforcer la responsabilité des réseaux sociaux dans la lutte contre la désinformation et les contenus nocifs, mais aussi à protéger les mineurs.
Un précédent dans la lutte contre les contenus nocifs
La décision brésilienne constitue un précédent important, car elle impose une restriction directe à une fonctionnalité spécifique d'une plateforme. Les associations de protection de l'enfance saluent cette mesure, estimant qu'elle envoie un signal fort aux entreprises technologiques.
Selon les données de l'ONG SaferNet, les signalements de contenus liés à l'auto-mutilation et au suicide ont augmenté de 200% au Brésil entre 2020 et 2025. Les autorités espèrent que cette suspension permettra de faire la lumière sur les mécanismes de ces défis viraux et de prévenir de nouveaux drames.
L'enquête se poursuit, et la justice brésilienne a demandé à Discord de conserver toutes les données relatives aux directs concernés. La plateforme devra également fournir les adresses IP et les identifiants des utilisateurs ayant participé aux défis. En attendant, les directs restent suspendus, une mesure qui pourrait être étendue si l'entreprise ne se conforme pas rapidement.



