Brésil : une jeune femme meurt lors d'un rope jump sans être attachée
Brésil : mort lors d'un rope jump sans attache

Les images sont glaçantes. Au Brésil, une jeune femme âgée de 21 ans est décédée en effectuant un « rope jump » depuis un pont. Sur les vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit la jeune femme être portée en l’air par deux personnes, qui la lancent depuis le pont de Squelette, dans l’État de Sao Paulo. Le problème, c’est que la victime est jetée dans le vide sans aucun matériel. Sur les images, on peut entendre des témoins crier : « Les gars, la corde ! » La jeune femme s’est écrasée quarante mètres plus bas et est décédée.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte par la police locale pour tenter de comprendre comment la victime a pu être lancée de la sorte sans être attachée. Pour tenter de le comprendre, 20 Minutes a interrogé plusieurs spécialistes de « rope jumping ». Une activité que l’on pourrait traduire par « saut à la corde » mais que les francophones appellent « saut pendulaire ».

Des professionnels stupéfaits

« Franchement, je ne comprends pas. Ça paraît hallucinant. Je ne comprends pas comment on peut oublier d’attacher quelqu’un. Et que personne ne s’en rende compte. » Guide de haute montagne et passionné de grimpe, Christophe pratique le saut pendulaire depuis des années. Depuis trois ans, il propose même cette activité à sensation au grand public depuis le pont de Seythenex, entre Annecy (Haute-Savoie) et Albertville (Savoie). « Les gens s’élancent depuis un plongeoir. Je ne dirais pas que c’est sans risque, parce qu’on saute dans le vide. Mais il n’y a pas vraiment de danger si on est attaché. »

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Dimanche, le patron de Montagne Sensation a vu plusieurs clients lui parler de cette vidéo tournée au Brésil. « Vraiment, ça me surprend. Chez nous, on attache un gros baudrier. Il y a quatre mousquetons. On met trois cordes par sécurité, plus une pour la remontée. On vérifie tout plusieurs fois et on demande au participant de faire son autocontrôle. Ils doivent vérifier. Nous, on passe sur le côté et on peut voir les cordes se tendre. Là, ça me paraît inconcevable », explique le passionné. Trois hommes qui encadraient l’activité ont été inculpés.

« Personne ne se rend compte »

Camille Féat pratique le saut pendulaire à l’autre bout de la France. Ses consignes de sécurité sont pourtant strictement les mêmes. « Contrairement à un saut à l’élastique, on triple toutes les cordes. Chez moi, chaque point vital peut supporter plus de six tonnes. La marge de sécurité est énorme », explique l’homme à la tête de Pendul’air, une petite société proposant des sauts dans le vide près de Morlaix (Finistère).

Lui non plus ne comprend pas comment un tel accident a pu se produire. « Ça me paraît aberrant. Et puis je trouve ça étrange de porter quelqu’un comme ça pour la jeter dans le vide. Là, ils sont deux à la porter, il y a du monde autour. Et personne ne se rend compte qu’elle n’est pas accrochée… », témoigne le Breton.

Pour pratiquer le rope jump, il est nécessaire d'être muni d'un baudrier et de plusieurs cordes d'escalade. Sur la plateforme qu’il a aménagée, ce passionné de saut pendulaire explique procéder « avec la même routine » avant chaque saut. « Je vérifie toujours tout, à chaque fois dans le même ordre, pour ne rien oublier. » Comme la plupart des spécialistes, il garde en plus les cordes dans les mains, au moment du saut, afin d’éviter que les sauteurs ne les mélangent.

Différent du saut à l’élastique

Contrairement au saut à l’élastique, le « rope jumping » se pratique avec des cordes d’escalade. Des éléments en nylon tressé très solides, dont la résistance est testée en laboratoire. Une seule suffirait largement à soutenir un homme sautant dans le vide. Par mesure de sécurité, toutes les structures préfèrent doubler voire tripler les cordes. « C’est différent du saut à l’élastique, parce qu’il n’y a pas cet effet yoyo où l’on monte et on descend. Là, c’est une chute libre, suivie d’une accélération latérale très impressionnante. C’est comme le mouvement d’une pendule », détaille Christophe, de Montagne Evasion.

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En vogue il y a une quinzaine d’années, le « rope jumping » reste assez confidentiel en France, où nous avons recensé une petite dizaine de sites dédiés. « Les spots ne sont pas faciles à trouver et ça prend plus de temps que de faire sauter des gens à l’élastique. C’est plutôt un truc de passionnés », assure Camille Féat.

Le « rope jumping » aurait été inventé par l’Américain Dan Osman. Cette légende de l’escalade, connue comme l’un des plus talentueux de la discipline, est morte en 1998 lors d’un « rope jump » dans le parc Yosemite, aux États-Unis. Un accident très rare mais qui rappelle que la pratique n’est pas sans risque.