Au moins dix personnes ont été tuées ce samedi 1er août, au 1 619e jour du conflit, à Kiev et dans sa région lors d'une nouvelle attaque de missiles balistiques russes, ont annoncé les autorités locales, alors que le président américain Donald Trump tergiverse sur l'autorisation donnée à l'Ukraine de produire des missiles antiaériens Patriot. Dans la capitale, le bilan s'élève à neuf morts et une trentaine de blessés, tandis que la région de Kiev déplore un mort et trois blessés, selon leurs responsables respectifs.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a tiré au cours de la nuit 35 missiles et 185 drones d'attaque contre l'Ukraine. Les défenses antiaériennes ont intercepté deux missiles et 154 drones. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des flammes et d'épais fumées s'élevant des incendies provoqués par les frappes.
Une attaque meurtrière sur la capitale
Kiev a été la principale cible de ce barrage nocturne. Les secours sont restés mobilisés une grande partie de la matinée pour éteindre les incendies et porter assistance aux blessés. Ces frappes montrent une nouvelle fois la capacité de la Russie à frapper le cœur du pouvoir ukrainien, malgré les systèmes de défense déployés. Le débat autour des missiles Patriot est d'autant plus crucial que les projectiles balistiques russes sont difficiles à abattre avec d'autres équipements.
Le président américain est confronté à une demande de son allié ukrainien : autoriser ou non la production d'intercepteurs Patriot. Cette question revêt une importance vitale pour Kiev, qui dépend pour l'heure des livraisons d'armements occidentaux.
Juillet, mois record pour les frappes russes
Le mois de juillet a été particulièrement meurtrier. Selon une analyse de l'AFP des rapports quotidiens de l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé 376 missiles sur l'Ukraine, un chiffre record qui représente plus du double des tirs de juin. La majorité de ces missiles ont visé la capitale, que Moscou a promis de cibler « systématiquement » après des frappes ukrainiennes meurtrières sur le sol russe et les territoires occupés.
Parallèlement, l'armée russe a déployé 4 956 drones d'attaque en juillet, soit 14 % de moins qu'en juin. L'Ukraine assure intercepter la plupart de ces drones, mais rappelle sa dépendance aux livraisons d'armements occidentaux, notamment les missiles Patriot, pour contrer les missiles balistiques.
Une guerre maritime qui s'intensifie
Ce samedi, un navire de l'agence atomique russe Rosatom a été coulé en mer Noire par une attaque de drones ukrainiens. Le Yanina, un porte-conteneurs transportant des marchandises civiles, naviguait à 130 milles de Novorossiïsk, en eaux internationales, selon Rosatom. « L'attaque de deux drones des forces armées ukrainiennes contre le navire Yanina s'est produite à 130 milles de Novorossiïsk […] Il s'agissait d'un porte-conteneurs ordinaire, naviguant dans les eaux internationales et transportant des marchandises civiles », a détaillé le directeur de Rosatom, Alexeï Likhatchev, dans un communiqué. « Une telle attaque ne peut être qualifiée autrement que de piraterie et de brigandage en mer », a-t-il ajouté, précisant que « les 17 membres d'équipage ont tous été secourus et se portent bien ».
Ce n'est pas un incident isolé. Depuis plusieurs semaines, Kiev et Moscou multiplient les frappes contre des cargos civils en mer Noire, perturbant la navigation au large de leurs ports. L'armée ukrainienne affirme avoir mené plus d'une centaine d'attaques de drones contre des navires russes en mer d'Azov, contraignant la Russie à envisager des itinéraires alternatifs pour ses exportations.
Le week-end dernier, une attaque ukrainienne contre un navire iranien en mer Caspienne a tué un marin et provoqué une brève montée de tension avec Téhéran, qui a menacé Kiev de représailles. De son côté, la Russie bombarde à répétition le port ukrainien d'Odessa et les navires qui s'y rendent, forçant les armateurs à suspendre leurs escales et paralysant les exportations agricoles de l'Ukraine via la mer Noire.



