Bordeaux : bars et riverains, le conflit sonore s'intensifie
Bordeaux : le conflit sonore entre bars et riverains s'intensifie

La tranquillité des riverains face à la vie nocturne : le débat reste vif à Bordeaux. « J’ai lancé le mouvement #sauvetonbar fin mars pour chercher de la solidarité, car j’ai subi deux fermetures acoustiques, une d’un an et trois mois, et une de deux mois », témoigne Bernard Labaye, propriétaire du bar Les Copains d’abord, situé dans le quartier Saint-Michel. « On ne peut plus organiser quoi que ce soit sans qu’une voiture de police municipale ne se poste devant la porte ! »

Un mouvement de mobilisation des bars

Environ vingt-cinq débits de boissons ont rejoint ce mouvement lancé fin mars. Si le gérant des Copains d’abord évoque des conflits de voisinage récurrents liés aux nuisances sonores, le gérant de La Bande à Roro, un bar à vin bordelais, s’inquiète quant à lui de pouvoir installer trois tonneaux comme tables en extérieur, du 1er juin au 1er septembre, pour maintenir son activité pendant les vagues de chaleur. « Sinon, c’est 50 à 70 % d’activité en moins », s’alarme-t-il, même s’il ferme à minuit, contrairement à ceux qui possèdent la licence 3 et ferment à 2 heures, ce qui le rend moins concerné par les nuisances sonores.

Un contexte réglementaire tendu

Sous le mandat de Pierre Hurmic, la ville avait été condamnée pour inaction par le tribunal administratif en novembre 2025, suite à la plainte d’un riverain pour les nuisances répétées d’un bar situé au-dessus duquel il vivait, au 5e étage. En janvier 2026, un règlement municipal des terrasses et étalages a été mis en place, prévoyant notamment de « réduire les horaires d’exploitation de la terrasse » ou « de prononcer sa fermeture temporaire » pour les établissements non conformes.

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Des fermetures administratives en hausse

Selon la préfecture de la Gironde, le nombre de suspensions pour nuisances sonores à Bordeaux reste stable, entre cinq et sept depuis 2023, avec cinq fermetures administratives pour tapages en 2024 et quatre en 2025.

« Plus je fais des efforts pour isoler et équiper mon établissement, plus j’ai de problèmes », déplore Bernard Labaye, installé depuis dix ans au cœur de la capitale girondine. « Cela montre bien la volonté de certains de fermer un établissement comme le mien. » Il estime nécessaire de « rétablir la communication entre la mairie, les débits de boissons et le voisinage » et de cesser les contrôles excessifs.

« En Espagne, une loi stipule que lorsqu’on habite en connaissance de cause au-dessus d’un débit de boissons, on ne peut pas se plaindre des nuisances », fait valoir le patron des Copains d’abord. Il met en avant une vie sociale et culturelle contrainte au silence. « Ce sont les mêmes personnes qui se plaindront de ne pas trouver de boulanger pour acheter une baguette », tempête-t-il.

Vers une rencontre avec le nouveau maire

Le nouveau maire Thomas Cazenave (Renaissance) n’a pas encore pris contact avec les représentants des débits de boissons mobilisés, mais « une rencontre serait envisagée ». Reste à savoir quelle tonalité l’élu souhaitera donner à son mandat sur cette thématique sensible.

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