Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête préliminaire après le dépôt de sept plaintes pour violences sexuelles présumées commises dans une école maternelle de la ville. Les faits, qui auraient été perpétrés par un enseignant, concernent des élèves âgés de 3 à 5 ans. Selon une source proche du dossier, les plaintes ont été déposées entre le 15 et le 20 juin 2025 par des parents d'élèves.
Des signalements dès avril
Les premières alertes remontent au mois d'avril 2025, lorsqu'un enfant a confié à ses parents des gestes inappropriés de la part de son instituteur. Les parents ont immédiatement saisi la direction de l'école, qui a alerté les services académiques. Une cellule d'écoute a été mise en place, mais plusieurs familles ont estimé que les mesures étaient insuffisantes.
Le parquet précise que l'enquête a été confiée à la brigade de protection des mineurs de la sûreté départementale de la Gironde. Les investigations visent à déterminer la nature exacte des faits et à identifier d'éventuelles autres victimes. "Il est essentiel de garantir la protection des enfants et de faire toute la lumière sur ces accusations", a déclaré le procureur de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, dans un communiqué.
Un enseignant suspendu
L'enseignant mis en cause, âgé de 45 ans et exerçant dans cette école depuis 2018, a été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire. Il n'a pas encore été entendu par les enquêteurs. Selon le rectorat, une procédure disciplinaire est également en cours. "Nous prenons ces faits avec la plus grande gravité et nous collaborons pleinement avec la justice", a indiqué le directeur académique des services de l'éducation nationale de la Gironde.
Les sept plaintes déposées évoquent des attouchements et des baisers forcés. Certains parents rapportent que leurs enfants présentaient des signes de détresse psychologique depuis plusieurs semaines. Une association de défense des droits des enfants s'est constituée partie civile. Elle appelle à une vigilance accrue dans les établissements scolaires.
Un climat de tension
Depuis la révélation de l'affaire, l'école maternelle, située dans le quartier de la Bastide, est au cœur d'un climat de tension. Des réunions d'information ont été organisées avec les parents, mais certains déplorent un manque de transparence. "On nous a caché des choses", témoigne une mère sous couvert d'anonymat. "Mon fils ne veut plus retourner à l'école. C'est un traumatisme."
La mairie de Bordeaux a annoncé la mise en place d'un soutien psychologique pour les enfants et les familles concernées. "Nous sommes aux côtés des victimes présumées et de leurs proches", a déclaré Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, dans un tweet. L'élu a également promis que la ville renforcerait ses contrôles dans les écoles.
Une procédure judiciaire en cours
L'enquête préliminaire devrait durer plusieurs semaines. Le parquet n'exclut pas l'ouverture d'une information judiciaire si les éléments recueillis le justifient. Les sept plaintes pourraient être rejointes par d'autres, car un appel à témoins a été lancé. Selon le parquet, "toute personne disposant d'informations est invitée à se manifester auprès des services de police".
Cette affaire relance le débat sur la protection de l'enfance en milieu scolaire. En France, selon le ministère de l'Éducation nationale, 1 500 signalements pour violences sexuelles sont recensés chaque année dans les établissements scolaires. Une commission d'enquête parlementaire sur les violences faites aux enfants est actuellement en cours.



