L'avocat pénaliste Amar Bouaou, connu pour défendre des figures de la criminalité organisée, a été mis en examen pour blanchiment aggravé et fraude fiscale, a appris l'AFP jeudi 1er juillet auprès d'une source judiciaire, confirmant une information du Parisien.
Des faits présumés de fraude fiscale et de blanchiment
Selon la source judiciaire, Amar Bouaou est soupçonné d'avoir soustrait une partie de ses revenus à l'impôt entre 2015 et 2019, pour un montant estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros. Il lui est également reproché d'avoir blanchi des sommes issues de ces fraudes en les investissant dans des biens immobiliers et des comptes bancaires à l'étranger.
L'avocat, âgé de 47 ans, a été placé sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de verser un cautionnement de 200 000 euros.
Une figure du barreau pénaliste
Amar Bouaou est un avocat réputé dans le milieu pénal, où il a notamment défendu des membres du grand banditisme, comme le gang des Lyonnais ou des figures de la French Connection. Il avait également été l'avocat de Redoine Faïd, le célèbre braqueur multi-récidiviste, lors de son procès en 2018.
Son cabinet, situé dans le 8e arrondissement de Paris, est spécialisé dans la défense pénale et le droit des affaires. Il compte parmi ses clients plusieurs personnalités du milieu marseillais et parisien.
Une enquête ouverte depuis plusieurs mois
L'enquête, menée par la brigade financière de la police judiciaire parisienne, a débuté en 2020 après un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Économie. Les investigations ont mis au jour des mouvements financiers suspects sur des comptes bancaires ouverts en Suisse et au Luxembourg.
Selon une source proche du dossier, les sommes en cause pourraient atteindre 1,5 million d'euros. L'avocat conteste les faits et a indiqué par l'intermédiaire de son conseil qu'il entendait démontrer son innocence.
Réactions et conséquences
Cette mise en examen intervient dans un contexte de durcissement de la lutte contre le blanchiment d'argent et la fraude fiscale en France. Le parquet national financier (PNF) a multiplié les enquêtes ces dernières années visant des professionnels du droit soupçonnés de complicité avec leurs clients.
L'ordre des avocats de Paris n'a pas souhaité commenter l'affaire, mais a rappelé que la présomption d'innocence s'applique. Amar Bouaou reste libre sous contrôle judiciaire et pourra continuer à exercer son métier dans l'attente de son procès.



