Un impressionnant incendie a parcouru au moins 700 hectares de végétation mercredi dans le Minervois, entre l'Aude et l'Hérault. Parti d'Oupia, le feu s'est rapidement propagé, menaçant plusieurs villages et forçant l'évacuation de nombreux habitants.
Un départ de feu près d'un parc éolien
L'incendie s'est déclenché aux alentours de 16h30 au lieu-dit Artix, à proximité d'un parc éolien et sous une ligne à haute tension. Très vite, les pompiers ont dû faire preuve d'une "grande attention" alors que le feu se dirigeait vers le sud et l'Aude, menaçant les communes de Sainte-Valière, Mailhac et Pouzols-Minervois. La route minervoise ainsi que deux autres routes départementales ont été coupées à la circulation, et les fumées étaient visibles à plus de 50 km de l'incendie.
Un cocktail explosif : chaleur et vent fort
À 18h30, selon une source sur place, les pompiers manquaient déjà de moyens alors que le feu menaçait de tourner. Le même phénomène que lors du méga incendie des Corbières en août 2025 était en cours : le feu s'auto-alimentait, boosté par la chaleur et le vent fort. Les pompiers ont également dû faire face à des difficultés d'accès pour attaquer les flammes.
Par précaution, les villages de Mailhac et Pouzols-Minervois ont été évacués, et certains habitants confinés chez eux. "Vers 16h, on a été prévenus d'un départ de feu. Ils ont d'abord évacué les lotissements et ils viennent de nous conseiller de partir aussi", témoignait Alice Césaire, habitante du centre de Mailhac, en partant se réfugier dans sa famille à Narbonne. Un gymnase a été ouvert à Sainte-Valière pour accueillir les personnes évacuées pour la nuit.
Des moyens importants mobilisés
Dès le départ, l'équivalent de quatre groupes d'intervention des pompiers de l'Hérault ont été mobilisés, ainsi que la cellule aérienne. Deux Canadair, deux Dash 8 en surveillance et en soutien des pompiers au sol, et deux hélicoptères bombardier d'eau ont été déployés, malgré le vent violent qui compliquait les opérations aériennes. À 19h45, 650 hectares avaient déjà été parcourus.
Dans l'Hérault, 350 pompiers étaient alors mobilisés, tandis que cinq colonnes, soit 250 hommes, étaient attendus en renfort. Aucune maison n'était menacée par les flammes. Côté audois, 280 pompiers étaient sur place, ainsi qu'une trentaine de gendarmes. Un deuxième poste de commandement a été installé sur la commune de Pouzols. "On se prépare, parce que là ça va durer", annonçait un pompier sur place.
Une situation stabilisée mais précaire
Une demi-heure plus tard, les autorités annonçaient un bilan de 700 hectares, et l'armée débarquait avec d'imposants engins pour créer des coupe-feux. À 20h30, le feu était "en partie contenu, mais ce sont des conditions très difficiles car nous avons beaucoup de vent", relevait Thierry Mailles, sous-préfet d'arrondissement de Narbonne. "Les conditions climatiques sont toujours défavorables, la situation est malgré tout stabilisée et le feu ne progresse plus. Les flancs droit et gauche de l'incendie restent très actifs, le feu n'est pas encore fixé", confirmait la préfecture en début de soirée, avant une nuit qui s'annonçait longue.
Éric Florès, le patron des pompiers de l'Hérault, avait déclaré mardi soir : "Nous n'avions jamais eu une telle carte du risque incendie dans l'Hérault au 1er juillet." Ses craintes se sont révélées justifiées.



