Le rappeur Booba a été condamné ce mercredi 2 juin 2026 à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de harcèlement en ligne et d'injures racistes à l'encontre de la journaliste Linh-Lan Dao. Cette décision judiciaire marque une étape importante dans la lutte contre le cyberharcèlement et les discours de haine sur les réseaux sociaux.
Les faits reprochés
L'affaire remonte à plusieurs mois, lorsque Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, avait publié une série de messages sur Twitter visant Linh-Lan Dao, journaliste à France Info. Dans ces publications, le rappeur avait tenu des propos jugés racistes et sexistes, qualifiant la journaliste d'"insecte" et utilisant des termes dégradants en référence à ses origines asiatiques. Il avait également incité ses millions d'abonnés à la harceler, ce qui avait entraîné une vague de messages violents à son encontre.
Une plainte et une enquête
Linh-Lan Dao avait porté plainte en novembre 2025, après avoir reçu des centaines de messages insultants et menaçants. L'enquête, menée par la brigade de protection des mineurs et la direction nationale de la police judiciaire, avait rapidement identifié Booba comme l'instigateur de ce harcèlement. Le parquet de Paris avait alors ouvert une information judiciaire pour harcèlement moral aggravé et injures publiques à caractère raciste.
Le jugement
Le tribunal a reconnu Booba coupable des faits qui lui étaient reprochés. En plus de la peine de prison avec sursis, il devra verser 10 000 euros de dommages et intérêts à la journaliste, ainsi que 5 000 euros pour les frais de justice. Il est également condamné à suivre un stage de sensibilisation contre les discriminations et le harcèlement en ligne. Le juge a souligné la gravité des actes, compte tenu de la notoriété de l'accusé et de l'impact psychologique sur la victime.
Réactions
Linh-Lan Dao s'est dite satisfaite de ce verdict, estimant qu'il envoie un signal fort contre l'impunité sur Internet. De son côté, l'avocat de Booba a annoncé son intention de faire appel, dénonçant une décision "disproportionnée". Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans la propagation de la haine en ligne.
Le parquet avait requis une peine de six mois de prison avec sursis, estimant que les faits étaient particulièrement graves en raison de la réitération des actes et de la position d'influence de l'artiste. La défense avait plaidé la relaxe, arguant que les propos tenus relevaient de la liberté d'expression et non de l'injure raciale.
Contexte plus large
Cette condamnation intervient dans un contexte de durcissement de la législation contre le cyberharcèlement en France. La loi du 24 août 2021 renforçant la protection des victimes de violences conjugales et intrafamiliales a également accru les sanctions pour les infractions commises en ligne. Les associations féministes et antiracistes saluent cette décision, tout en appelant à une meilleure application des peines.
Booba, connu pour ses clashs sur les réseaux sociaux, n'en est pas à sa première condamnation. En 2024, il avait déjà été condamné pour des propos homophobes. Cette nouvelle affaire pourrait ternir davantage son image et avoir des conséquences sur sa carrière musicale.



