Blocus lycéens : le privé Jeanne-d'Arc de Millau épargné
Blocus lycéens : Jeanne-d'Arc de Millau épargné

Alors que de nombreux lycées français sont touchés par des blocus et des mobilisations, l'Ensemble Scolaire privé Jeanne-d'Arc de Millau, qui accueille 1 560 élèves dont 400 lycéens, n'a enregistré aucune perturbation. Son proviseur, Philippe Cortes, s'en explique dans un entretien accordé à Midi Libre.

Une mobilisation marginale au lycée Jeanne-d'Arc

Interrogé sur l'impact des blocus lycéens dans son établissement, Philippe Cortes répond sans détour : « Non, nous n'avons pas eu d'impact. On a dû avoir deux ou trois grévistes, mais c'était dans le cadre de la mobilisation des enseignants, à l'appel des syndicats. Donc c'était très marginal. »

Selon lui, la situation est différente au lycée public Jean Vigo de Millau : « Je pense qu'au lycée Jean Vigo, ils se sont surtout mobilisés à cause des nuisances générées par les travaux. » Une distinction qui souligne le caractère local et ponctuel de la mobilisation.

Des jeunes identiques, un projet éducatif distinct

À la question de savoir si le profil des élèves du privé diffère de celui du public, le proviseur est catégorique : « Je pense que les jeunes sont les mêmes chez nous et dans le public. La jeunesse qu'on a aujourd'hui, elle est ce qu'on en a fait ; les parents sont peut-être un peu moins présents dans l'éducation de leurs enfants. »

Il met en avant le projet pédagogique de son établissement, fondé sur trois piliers : « la confiance pour accompagner les élèves, la relecture pour apprendre à ne pas être susceptible, et enfin l'humilité ». Une approche qui vise à répondre aux besoins des adolescents dans un cadre structurant.

Le privé et le public : une réalité différente selon les territoires

Philippe Cortes, fort de son expérience à Marseille et Lyon, relativise l'attrait du privé : « Dans les grandes métropoles, les gens vont vers le privé pour le cadre éducatif. Mais ici, à Millau, les collèges publics sont tenus, donc on n'a pas cette opposition. Dans la ruralité, la réalité est différente. » Il souligne que la concurrence entre établissements privés était même très forte dans les grandes villes.

Il revient également sur la réforme des lycées et ses conséquences sur la vie des élèves : « Avant, les élèves de Première partageaient 30 heures de cours ensemble. Maintenant, ils ont 10-15 heures en commun et puis le reste du temps, ils sont en spécialités. Donc la notion de classe a disparu, ce qui fait qu'ils vivent moins de choses ensemble. » Une évolution qui, selon lui, réduit la complicité et l'intégration, et « ressemble plus à la fac » pour des jeunes de 16-17 ans, ce qui est « trop tôt ».

Un personnel engagé, une différence clé

Enfin, le proviseur identifie le personnel comme le principal atout de son établissement : « Les enseignants ont un attachement à l'établissement parce que c'est leur outil de travail. Si on ferme des classes, ils perdent leur emploi. Dans le public, ils n'ont pas cette épée de Damoclès, au pire ils seront mutés ailleurs et sinon ils auront un maintien de salaire. » Une différence de statut qui, selon lui, explique l'investissement particulier des équipes du privé.