Benjamin Ball, cofondateur du site 17octobregiletjaune.net, a participé la semaine dernière aux négociations à la préfecture de police de Paris concernant les parcours des manifestations contre la vie chère. Ni élu, ni représentant syndical ou partisan, il est pourtant une voix reconnue de la coordination des gilets jaunes. Son parcours militant, nourri depuis son adolescence, explique cette position singulière.
Un parcours militant ancré à gauche
Âgé de 42 ans et résidant dans le Val-d'Oise, Benjamin Ball se définit comme « militant·e pour le climat et la justice sociale » et « organisateur·ice de communautés ». Originaire du Calvados, il a commencé à militer dès ses années de lycée en fondant une section locale d'ATTAC. Il a ensuite rejoint l'UNEF et les Verts à l'université, avant de participer à l'importation du mouvement des Indignés en France en 2011.
En 2014, il a été responsable Web de la Nouvelle Donne pour les élections européennes, avant de quitter ce mouvement la même année. Il a également pris part à Nuit debout en 2016. Selon StreetPress, certains militants de gauche parisiens, dans les années 2010, ne validaient pas toujours ses méthodes.
Une coordination des gilets jaunes structurée
Le site 17octobregiletjaune.net, derrière lequel se trouve un groupe d'une centaine de personnes dont un « noyau dur » d'une dizaine, recensait pour le 17 octobre les manifestations, blocages et actions dans toute la France. Il appelait à la convergence des luttes entre gilets jaunes, jeunes, retraités, défenseurs du climat, agriculteurs et quartiers populaires.
Benjamin Ball souligne que le mouvement a appris de 2018 : « petit à petit, on évite le problème qui a eu lieu en 2018, c'est-à-dire que Macron a refusé de recevoir les gilets jaunes en disant [...] ''je ne sais pas à qui parler, donc je ne parle à personne'' ». Il décrit un mouvement « organique, en chemin », qui consulte ses différentes composantes avant de décider.
Les communiqués sont parfois signés par quelques figures, dont Benjamin Ball, l'avocat David Libeskind et Azelma Sigaux, parfois au nom de la « Coordination des gilets jaunes, coorganisatrice du mouvement du 17 octobre ».
Un appel à la poursuite du mouvement
Benjamin Ball a également coorganisé le mouvement « Bloquons Tout » en septembre 2025 et les marches « pour le climat et la justice sociale » le 26 septembre 2026. Il est membre des Verts Populaires, mouvement pour « une écologie de rupture », et ne participe plus aux réunions de l'Après.
Après les mobilisations du 17 octobre, il a cosigné un article affirmant : « Nous refusons d'ajouter notre voix au concert de l'indignation. Cette colère, nous ne la condamnons pas : nous la saluons. » Il a lancé aux commerçants en difficulté : « Baissez les rideaux, venez manifester avec nous, nous allons obtenir toutes les revendications nécessaires pour l'ensemble de la population. »
Son site a appelé à un « acte II » le samedi 24 octobre, écrivant que « Macron doit partir et laisser la place au peuple ! ». Jeudi, il recensait 500 actions, dont 360 manifestations. Il soutient les mobilisations des samedis 24 et 31 octobre et du jeudi 5 novembre, date de la grève intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU.