Samedi à Grenoble, le set de la DJ Barbara Butch a été interrompu prématurément après l'intervention de militants propalestiniens. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé ce lundi une « chasse aux artistes juifs ou engagés contre l'antisémitisme » et a interpellé le ministère de la Culture. La municipalité de Grenoble a annoncé son intention de porter plainte.
Des vidéos montrent des manifestants agitant des drapeaux palestiniens
Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux palestiniens, faisant des doigts d'honneur et sifflant alors que l'artiste était sur scène. Barbara Butch, 45 ans, figure lesbienne des nuits parisiennes LGBTQ+, a été la cible d'un appel au boycott, notamment de la part de l'antenne grenobloise de La France insoumise (LFI).
Le soutien à la loi Yadan en cause
Il est reproché à Barbara Butch d'avoir signé une tribune en faveur de la loi Yadan, visant à « lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme ». Ce texte a été vivement critiqué, ses opposants y voyant un risque pour la liberté d'expression et un possible amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël. Le projet de loi a finalement été retiré.
Réactions politiques
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a déclaré ce lundi comprendre « des protestations pacifiques » contre la « prise de position politique » de la DJ. En revanche, le président du Crif, Yonathan Arfi, a dénoncé sur X que « LFI et ces activistes propalestiniens radicaux […] instrumentalisent la cause palestinienne pour terroriser le monde de la culture et faire une chasse aux artistes juifs ou engagés contre l'antisémitisme ». Il a ajouté : « Le Crif demande que le ministère de la Culture mette en place d'urgence un plan de lutte contre le boycott des artistes et contre l'antisémitisme. »



