Dix ans après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, Audrey Borla, qui a perdu sa sœur jumelle dans l'attaque, témoigne de sa lente reconstruction. Dans une vidéo publiée par Le Monde, elle raconte comment cet événement tragique a bouleversé sa vie et l'a privée de son adolescence.
Le drame du 14 juillet 2016
Le soir du 14 juillet 2016, un camion a foncé sur la foule sur la promenade des Anglais à Nice, faisant 86 morts et des centaines de blessés. Parmi les victimes se trouvait la sœur jumelle d'Audrey Borla, alors âgée de 17 ans. Audrey, qui était également présente ce soir-là, a survécu mais a été gravement traumatisée.
Dans son témoignage, Audrey explique : « On m'a privée de mon adolescence. À 17 ans, j'ai dû faire face à la perte de ma sœur, à l'enquête, au procès, et à la médiatisation de l'attentat. » Elle décrit un long chemin de reconstruction, marqué par des années de thérapie et un soutien familial essentiel.
Une reconstruction lente et douloureuse
Audrey Borla raconte que les premières années ont été les plus difficiles. « Je ne pouvais pas sortir de chez moi sans avoir peur. Chaque bruit fort me rappelait le camion. » Elle a dû apprendre à vivre avec le deuil et le stress post-traumatique. Aujourd'hui, dix ans après, elle estime que la reconstruction est « un processus qui n'en finit jamais vraiment ».
Elle souligne l'importance des groupes de parole et de l'aide psychologique. « Sans le soutien de ma famille et des associations de victimes, je ne serais pas là aujourd'hui. » Selon elle, il est crucial de ne pas rester seul face à la douleur.
Un hommage aux victimes
À l'occasion du dixième anniversaire de l'attentat, Audrey Borla souhaite rendre hommage à sa sœur et à toutes les victimes. « Je veux que l'on se souvienne d'elles, pas seulement de l'attentat. » Elle participe à des commémorations et milite pour que la mémoire des victimes soit préservée.
Elle conclut : « Ma sœur était ma moitié. Perdre un jumeau, c'est perdre une partie de soi. Mais j'ai appris à vivre avec ce vide, et je veux montrer qu'il est possible de se reconstruire, même après une telle tragédie. »



