Anne Murris, présidente de l'association Mémorial des Anges, a perdu sa fille Camille le 14 juillet 2016. Elle a participé à la conception de la cérémonie d'hommage place Masséna. « La mémoire est douloureuse, mais l'oubli est insupportable. Entre les deux, je préfère la difficulté », a-t-elle déclaré. La famille de Simone Barreto Silva, tuée à la basilique Notre-Dame de Nice en 2020, l'a remerciée pour son action et pour le poème « Murmure de la mer » qu'elle a lu à la tribune.
Des victimes venues de loin
Sandrine Steciw, Niçoise installée en Californie, est revenue avec ses trois enfants pour les commémorations. Elle a perdu son frère Mathias, sa belle-sœur Odile et la mère de celle-ci, Jocelyne. « La cérémonie était très touchante. C'est toujours aussi délicat, et triste », a-t-elle confié. Elle souhaite que le gouvernement « protège les Français » et ne se contente pas de dire qu'il n'oublie pas les victimes.
Alexandra Oppikofer, 37 ans, était présente avec son frère et sa fille Shade, 2 ans. « C'était important d'être là pour les dix ans. On voit qu'ils ont mis un point d'honneur à faire quelque chose de plus conséquent que d'habitude. On sait que ce sera un peu moins important chaque année, et qu'on tombera doucement dans l'oubli », a-t-elle expliqué. Le moment le plus fort pour elle a été de voir 43 enfants déposer des branches d'olivier sur les 86 chaises bleues, symbolisant les victimes, les sauveteurs et l'avenir.
Un hommage sobre et digne
Cindy Pellegrini, qui a perdu six membres de sa famille dans l'attentat, était en tribunes. En 2016, elle avait parlé au nom des victimes lors de l'hommage de la Nation. « On est fiers du peuple niçois, de voir qu'on n'est pas oubliés », a-t-elle salué. Elle a trouvé les discours « sobres et dignes », mais aurait aimé que les portraits des victimes soient diffusés. À la fin de la cérémonie, elle a appris qu'Anne Murris venait d'être nommée chevalier de la Légion d'honneur, et les deux femmes se sont embrassées.



