Assassinat d'Aramburu : le témoignage qui accable les accusés
Assassinat d'Aramburu : le témoignage qui accable les accusés

Au procès de l'assassinat de l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, le témoignage d'un enquêteur de la brigade criminelle a considérablement fragilisé la défense des deux accusés. Le policier a décrit une exécution méthodique, soulignant que Loïk Le Priol et Romain Bouvier avaient vidé leurs armes, ce qui contredit la thèse de la légitime défense avancée par la défense.

Des tirs précis et mortels

Le commissaire a détaillé le déroulement des tirs survenus le 19 mars 2022, peu après 6 heures du matin, dans les beaux quartiers parisiens. Romain Bouvier, 32 ans, a d'abord tiré quatre fois, vidant son barillet "en quatre secondes". Loïk Le Priol, 35 ans, arrivé quelques secondes plus tard, a utilisé les six coups de son revolver, également "en quatre secondes". Selon l'enquêteur, "les personnes qui veulent tuer vont souvent vider leur chargeur totalement", jusqu'à la dernière balle, comme l'ont fait les deux accusés.

Le policier a également relevé la bonne maîtrise des armes par les deux hommes. Loïk Le Priol, ancien des forces spéciales, s'exerçait au tir dans le domaine familial près de Draguignan. Romain Bouvier, malgré une interdiction d'en posséder, avait disséminé plusieurs dizaines d'armes dans son appartement de la rue des Saints-Pères, ainsi que plus de 1 000 munitions. Interrogé par Yann Le Bras, avocat de la veuve du rugbyman, le policier a remis en cause le profil de "collectionneur d'armes du XIXe siècle" que Bouvier se donne : "On peut s'interroger sur le fait que la collection soit étalée partout dans l'appartement. D'un collectionneur, on peut s'attendre plus à des armes dans des vitrines, protégées, neutralisées ou rangées dans un coffre."

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Un tropisme vers la violence

Le policier a confirmé qu'aucun lien n'avait été établi entre le crime et l'engagement politique d'ultradroite des deux hommes, mais a acquiescé lorsqu'il a été interrogé sur leur "tropisme vers la violence" : "Dans cette mouvance, on aime les choses un peu violentes, on se réfère à des archétypes un peu extrémistes."

Les témoignages décrivent également un comportement agressif des accusés, contrastant avec l'attitude "affable et polie" de la victime et de son ami Shaun Hegarty. Lors de la dispute sur la terrasse, c'est Le Priol qui a commencé à "monter la tension en allant mettre des petites gifles à M. Hegarty". Après que les rugbymen se sont éloignés, Le Priol et Bouvier "veulent encore en découdre", selon le policier. Un serveur, redoutant une continuation des violences, leur a menti en affirmant que les rugbymen étaient partis en taxi.

Une intention de retrouver les rugbymen

Bouvier est monté dans une Jeep conduite par la compagne de Le Priol, jugée pour tentative de complicité d'assassinat. La défense assure que l'objectif était de récupérer Le Priol, et non de rechercher les rugbymen. Mais le véhicule s'est arrêté pile au niveau des deux amis, et la lumière était suffisante pour que les occupants les reconnaissent. Le policier a exprimé sa conviction : "Quand Bouvier rentre dans la Jeep avec la compagne de Le Priol, il y a une intention de retrouver" les rugbymen.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier encourent la perpétuité pour assassinat et tentative d'assassinat. Ils reconnaissent avoir tiré sur l'ex-rugbyman, mais nient toute intention homicide, évoquant la légitime défense pour l'un et des violences avec armes pour l'autre. Le verdict est attendu à l'issue des débats devant la cour d'assises de Paris.

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