Accidents de plongée en baisse de 50% dans le Var, mais les décès persistent
Accidents de plongée en baisse de 50% dans le Var

Ce mercredi matin, sur l'île de Porquerolles, une équipe des Affaires maritimes a mené un contrôle inopiné dans le cadre de l'opération Palanquée. Cette vaste campagne de vérifications cible la sécurité et le matériel des clubs de plongée du littoral varois, en collaboration avec Jeunesse et Sports, la gendarmerie et le parc national de Port-Cros.

Un bilan contrasté

Depuis le début de l'année, 58 accidents de plongée ont été recensés dans le Var, contre 115 sur la même période en 2025, soit une baisse de près de 50%. « On constate malgré tout une réelle baisse des accidents », souligne Maud Astier, inspectrice Jeunesse et Sports. Pourtant, le bilan humain reste lourd : quatre décès sont déjà à déplorer, autant que lors des sept premiers mois de l'année précédente. Le plus récent remonte à « il y a une semaine », entre Saint-Cyr et La Ciotat.

Des contrôles rigoureux

Sur le site du Donator, l'une des épaves les plus prisées mais aussi les plus dangereuses de Méditerranée, Sébastien Blondeau, chef adjoint de l'unité littorale des Affaires maritimes, coordonne les interventions. « Un accident, c'est toujours multifactoriel, précise Maud Astier. Entre la condition physique, la météo, le courant et la préparation… »

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Le matériel est passé au peigne fin : bouteilles d'oxygène, radio VHF, procédures d'urgence et vérification du casier judiciaire des encadrants. Michaël, patron du club Saint P'Hyères plongée, a vu son plan de secours épinglé pour un manque de détail et l'absence d'un masque d'oxygénothérapie haute concentration pour enfant. « Vous êtes la première à nous faire la remarque alors qu'on se fait contrôler tous les ans », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, un incident sous-marin a attiré l'attention : un plongeur, dont le gilet s'est coincé sur l'épave, a réussi à se libérer seul et a poursuivi sa plongée comme si de rien n'était, stupéfiant les autres participants.

Des infractions constatées

Sébastien Blondeau a relevé l'absence d'un deuxième coupe-circuit à bord, une obligation depuis fin 2023 passible de 1 500 euros d'amende. Michaël, ignorant cette mesure, a reçu une simple convocation de mise en conformité. « Il respecte bien les obligations les plus basiques, le matériel est bien entretenu et accessible, quand pour d'autres, il faut fouiller au fond des coffres », a commenté le représentant des Affaires maritimes.

Le club Aqualonde, avec son bateau flambant neuf, a également été contrôlé. Son directeur de plongée, Jean-Philippe, a dû gérer des palanquées dispersées par le courant tout en répondant aux questions des inspecteurs. Maud Astier a découvert un sac de masques de ventilation jaunis ou périmés depuis six ans. « Là, c'est déconner, s'est agacé Sébastien Blondeau. Ils ont un nouveau bateau et n'ont pas remplacé leur matériel. »

Jean-Philippe a écopé d'une mise en demeure pour non-renouvellement des masques à oxygène haute concentration et absence de deuxième coupe-circuit. « Ces échanges sont très intéressants », a-t-il relativisé.

Un bilan mitigé

De retour à la Tour Fondue, base de l'opération Palanquée, le bilan des contrôles fait état d'une autre mise en demeure pour des problèmes de documents administratifs. « Comme quoi, personne n'est irréprochable », a conclu Sébastien Blondeau. L'opération se poursuit tout l'été pour sensibiliser les clubs et prévenir de nouveaux drames.

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