A75 : les Gilets jaunes offrent le péage du viaduc de Millau
A75 : les Gilets jaunes offrent le péage du viaduc de Millau

Ce samedi 24 octobre, à l'occasion de l'acte II de la mobilisation des Gilets jaunes, les barrières de péage du viaduc de Millau ont été levées par les manifestants, permettant aux automobilistes de traverser gratuitement l'ouvrage de l'A75. L'opération, lancée dès 11 heures, a rassemblé jusqu'à une centaine de personnes en fin de matinée.

Une opération « péage gratuit » sans incident

Dès 11 heures, plusieurs dizaines de Gilets jaunes se sont réunis pour mener cette action. Le mouvement a pris de l'ampleur au fil de la matinée, atteignant une centaine de participants. Les manifestants se sont positionnés de part et d'autre des voies de circulation, certains vêtus de leurs gilets jaunes, d'autres brandissant des pancartes. Ils ont maintenu les barrières levées, notamment en les attachant avec du ruban adhésif, afin de permettre aux véhicules de passer sans payer. Les automobilistes, surpris ou hésitants, ont tous pu traverser gratuitement pendant quelques heures. Certains ont klaxonné en signe de soutien, tandis que d'autres ont fait un don pour les caisses de grève.

« On a fait du covoiturage jusqu'au péage et ensuite, on s'est installés. Il n'y a eu aucune violence, que ce soit de notre côté ou du côté des gendarmes. Ils savent très bien que, dans tous les cas, nous aurions mené notre opération », a raconté Michel Ducros, l'un des Gilets jaunes mobilisés.

Une action symbolique pour le pouvoir d'achat

Pour Michel Ducros, cette opération se veut avant tout symbolique. « Avec le péage, les actionnaires se goinfrent. Eiffage va perdre quelques sous, mais ça ne représentera pas un gros manque à gagner », a-t-il souri. « On fait un geste pour le pouvoir d'achat des Français pendant deux à trois heures, pour qu'ils voient que les Gilets jaunes font quelque chose de bon pour leur porte-monnaie. Et on est aussi là pour tout ce qui se passe en ce moment. On est toujours contre la violence. À Millau, on n'a jamais rien cassé ni brûlé », a-t-il affirmé.

Parmi les personnes mobilisées figure également Dalila Belaid Artis, conseillère municipale d'opposition et syndicaliste de Sud Éducation, elle aussi vêtue d'un gilet jaune. Elle a évoqué les violences subies par des lycéens ces dernières semaines. « On est contre la vie chère et pour que l'argent aille vers les services publics, et les impôts vers la santé et l'éducation. On est aussi contre la violence faite aux jeunes. Car la violence, ce n'est pas la dégradation de matériel : c'est quand un enfant perd un œil ou une main », a-t-elle déclaré.

Critiques envers le maire et poursuite de la mobilisation

L'élue a également critiqué l'attitude du maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, notamment à la suite de l'appel lancé par l'Association des maires de France. Le lundi 19 octobre, un « rassemblement républicain » avait été organisé à Millau, en soutien aux communes touchées par les dégradations survenues le samedi 17 octobre dans plusieurs villes françaises. Dalila Belaid Artis reproche au maire de ne pas avoir eu de mots pour les jeunes touchés par les violences. Les manifestants dénoncent également les violences policières.

La mobilisation doit se poursuivre dans l'après-midi. Un nouveau rassemblement est prévu à 14 heures devant la gare SNCF de Millau. La préfecture de l'Aveyron ayant interdit les mobilisations dans le centre-ville, les manifestants ont choisi ce lieu, situé en dehors du périmètre d'interdiction. À la suite d'un échange avec le chef de la police, il leur a été indiqué de ne pas se rendre aux abords de la sous-préfecture ni au rond-point du Mandarous.