Un homme de 21 ans a été condamné ce lundi 20 juillet à 18 mois d’emprisonnement, dont 15 mois ferme, après la découverte de plus de quatre kilos de résine de cannabis dans un appartement squatté du quartier de Rochebelle, à Alès (Gard). La chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d’Alès a également révoqué partiellement un précédent sursis probatoire de trois mois. Le jeune homme, originaire de Cendras, a été maintenu en détention.
Des faits remontant au 15 juillet
L’affaire a débuté le 15 juillet dernier. Un propriétaire, venant de récupérer son logement après une expulsion, a découvert un grand sac contenant plusieurs kilos de résine de cannabis. Les policiers, alertés, ont mis en place une surveillance discrète. Ils ont observé un individu vêtu d’un haut rose et de claquettes noires revenir à plusieurs reprises devant l’appartement avant d’y pénétrer. Selon les forces de l’ordre, il s’est dirigé vers le sac de stupéfiants en déclarant au téléphone : « C’est bon. » Il a été immédiatement interpellé. « J’ai fait un pas et j’ai été menotté », a résumé le jeune homme lors de l’audience.
Refus de donner le code du téléphone
Lors de sa garde à vue, le prévenu a refusé de communiquer le code de déverrouillage de son téléphone portable, une infraction pour laquelle il comparaissait en état de récidive légale. Interrogé sur ce refus, il a simplement répondu : « C’est personnel. » Le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, a déclaré : « Je n’y crois pas. Vous avez le droit de garder le silence, mais j’ai le droit de ne pas vous croire. »
Un contexte de violence lié au narcotrafic
À l’audience, le jeune homme a nié toute implication dans le trafic, affirmant être venu rendre « un service » à un ami qui lui aurait demandé de nettoyer le logement. Il a refusé d’indiquer l’identité de cette personne ou de son interlocuteur téléphonique. Le tribunal a jugé cette version peu crédible, d’autant que le prévenu faisait déjà l’objet d’une interdiction de paraître dans le quartier de Rochebelle après une condamnation en avril dernier pour des faits similaires.
Dans son réquisitoire, le procureur Grini a replacé l’affaire dans le contexte actuel du narcotrafic. Sans lien direct avec cette affaire, il a rappelé les récentes menaces de mort visant le maire d’Alès, attribuées à la « DZ Mafia », un groupe criminel lié au trafic de stupéfiants. Évoquant « un monde sans foi ni loi », il a mis en garde le prévenu contre « un jeu extrêmement dangereux », estimant qu’il était déjà « entré dans ce monde ».
La défense plaide l’influence
L’avocate du prévenu a refusé que son client devienne « celui qui paie pour tout ce qui se passe dernièrement ». Elle a également fait référence aux menaces contre le maire d’Alès et à l’assassinat du fils d’une avocate, pour rappeler que « les personnes extrêmement dangereuses ne comparaîtront jamais devant vous ». Elle a décrit un jeune homme influençable, « plus suiveur que meneur », exploité par des individus plus puissants.
Condamnation et confiscation
Reconnu coupable de détention de stupéfiants en récidive et de refus de remettre la convention secrète de déchiffrement de son téléphone, le prévenu a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, avec maintien en détention. Son téléphone a été confisqué. Cette affaire illustre la pression du narcotrafic à Alès, où les autorités multiplient les actions pour endiguer ce phénomène.



