La mobilisation nationale du 17 octobre 2026 contre la vie chère, qui a rassemblé entre 500 000 et 800 000 personnes selon les sources, a été éclipsée par une vague de violences et de pillages d'une ampleur inédite. Des bâtiments publics ont été incendiés ou dégradés, et de nombreux magasins ont été saccagés aux quatre coins de l'Hexagone.
Une mobilisation massive mais des chiffres contestés
Les organisateurs affirment que 800 000 personnes ont manifesté dans le pays, tandis que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état de 550 000 manifestants. Cette mobilisation a très largement dépassé celle de l'épisode I des « gilets jaunes » en 2018, qui avait rassemblé 290 000 manifestants à l'époque. Cependant, ces chiffres sont balayés du premier plan par l'importance des dégâts occasionnés.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié ces actes de « violences d'une extrême intensité ». Les rassemblements avaient pourtant commencé dans le calme et la bonne humeur, les manifestants montrant leur soutien aux lycéens et leur mécontentement envers les politiques menées par le gouvernement de Lecornu et d'Emmanuel Macron, notamment contre Parcoursup.
Des scènes de chaos à Paris et en province
À Paris, des centaines de « black blocs » se sont rassemblées place de la République avant de sévir dans le quartier de La Madeleine, boulevard Magenta ou même sur les Champs-Élysées. En province, la violence a frappé à Lyon, où l'office de tourisme a été incendié, ou encore à Marseille et Lille dont les mairies ont été dégradées. À Bordeaux, la préfecture a aussi été l'objet d'attaques, avec des affrontements place de la Victoire.
À Limoges, l'hôtel de ville a été presque entièrement détruit par un incendie volontaire, samedi 17 octobre 2026, en marge des manifestations. Dix-sept personnes, dont sept mineurs, ont été placées en garde à vue. À Marseille, plusieurs individus ont pénétré dans le hall de la mairie, un commissariat de la police municipale a été attaqué et de nombreux magasins ont été pillés.
Basculement à Toulouse et autres incidents
La journée du 17 octobre avait débuté à Toulouse par une longue déambulation riche de 32 000 personnes selon la préfecture, près de 80 000 selon les syndicats. Tout a basculé vers 16h30, avec des affrontements. Dans le quartier Saint-Cyprien, un barrage de CRS, pris en tenaille par des manifestants souvent très jeunes et tous cagoulés, a usé de tirs de lacrymogènes pour tenter de disperser une foule très dense. Le magasin Micromania a été pillé lors de la manifestation contre la vie chère à Lyon.
Ces violences ont terni une journée de mobilisation qui visait à exprimer un mécontentement social profond. Les dégradations matérielles et les affrontements ont conduit à des interpellations, notamment à Limoges, et les autorités locales devront évaluer l'ampleur des dégâts dans les prochains jours.