Manifestations : 142 interpellations à Paris, l'ONU saisie par la LDH
142 interpellations à Paris, la LDH saisit l'ONU

Au lendemain de la mobilisation nationale contre la vie chère, le bilan officiel fait état de 142 interpellations à Paris, dont 120 gardes à vue. La Ligue des droits de l'homme (LDH) demande l'envoi d'une mission d'observation de l'ONU, tandis que le gouvernement promet des annonces lundi.

Bilan des manifestations : 142 interpellations à Paris, 800.000 manifestants selon la CGT

La porte-parole de la préfecture de police de Paris a annoncé dimanche que 142 personnes ont été interpellées lors de la manifestation de samedi, dont 120 ont été placées en garde à vue. Hélène Denéchère a précisé sur France Inter qu'« un commerce a été fracturé et a subi des vols », et qu'« un autre a été abîmé », mais que « l'action rapide des forces de l'ordre – il s'agissait d'une concession automobile – a permis de protéger et d'empêcher les individus de pénétrer dans cette concession ».

La préfecture a également signalé la présence de « 500 casseurs » en fin de cortège. Selon les sources, le défilé parisien a rassemblé entre 110.000 et 250.000 personnes. Au niveau national, la CGT a comptabilisé 800.000 manifestants, un chiffre stable par rapport à la semaine précédente, tandis que le ministère de l'Intérieur en dénombre 410.000, contre 550.000 la semaine dernière.

La LDH saisit l'ONU, le gouvernement annonce des mesures

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a réclamé l'envoi en France d'une mission d'observation sous l'égide des Nations unies, jugeant le maintien de l'ordre de ces dernières semaines « particulièrement chaotique et incohérent ». Cette demande intervient alors que des organisations étudiantes et lycéennes espèrent des annonces concrètes lundi après une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Les syndicats de salariés mobilisent en vue d'une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre. Les « gilets jaunes » ont déjà annoncé une nouvelle journée d'action le 31 octobre. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a estimé que « les cortèges se sont bien passés » malgré « près de 1.000 » interpellations dans tout le pays.

Horizons demande à LFI de payer pour les dégradations

Le chef des députés Horizons, Laurent Marcangeli, a suggéré que La France insoumise contribue financièrement au remboursement des dégâts causés par les manifestations auxquelles le mouvement participe, les jugeant « solidaires des casseurs ». Dans une interview à Radio J diffusée dimanche, il a affirmé que LFI est la « vitrine légale de l'ultragauche », estimant que Jean-Luc Mélenchon participe à une situation « très insurrectionnelle », pouvant présenter des caractéristiques de « guerre civile ».

Il a également reproché à Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, de ne pas avoir condamné l'incendie de la mairie de Limoges lorsqu'elle avait été interrogée à ce sujet par le Premier ministre. Ces déclarations interviennent alors que des centaines de milliers de personnes ont manifesté samedi pour défendre le pouvoir d'achat et réclamer de meilleurs services publics, malgré la recommandation d'Emmanuel Macron de ne pas manifester et un temps pluvieux sur une grande partie de l'Hexagone.