Une augmentation préoccupante des violences en France
Selon une étude du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiée le 27 février, les violences physiques et sexuelles enregistrées par les forces de l'ordre ont respectivement augmenté de 5 % et de 8 % en 2025. Cette hausse intervient après une stabilisation en 2024, marquant un retour à la tendance ascendante observée depuis 2016.
Les chiffres clés des violences physiques
En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 473 000 victimes de violences physiques. Parmi elles, 24 % étaient mineures, soit 114 500 jeunes. Cette progression suit un rythme similaire à l'augmentation annuelle moyenne constatée depuis 2016, qui est de +6 %.
Un peu plus de la moitié de ces violences physiques sont commises dans le cadre familial, essentiellement sous forme de violences conjugales. Les victimes sont majoritairement des femmes (73 %) dans ce contexte, tandis qu'en dehors de la sphère familiale, les victimes sont le plus souvent des hommes (69 %).
Les violences sexuelles en nette progression
Les forces de l'ordre ont également enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles en 2025, dont plus de la moitié (58 %) sont mineures. Cette hausse s'inscrit dans un rythme similaire à la moyenne observée entre 2016 et 2025, soit +11 %.
Contrairement aux violences physiques, les trois quarts des violences sexuelles ont lieu en dehors du cadre familial. L'étude souligne que cette augmentation est liée à un contexte de libération de la parole et d'amélioration des conditions d'accueil par les services de police et de gendarmerie.
Détails des infractions et profils des victimes
Les trois quarts des infractions sexuelles enregistrées sont des violences sexuelles physiques. Les victimes ont principalement subi des agressions ou atteintes sexuelles (39 %), des viols ou tentatives de viol (38 %), et dans de plus rares cas, de l'exploitation sexuelle (10 %), de l'exhibition sexuelle (6 %) ou du harcèlement sexuel (6 %).
Pour les violences physiques comme sexuelles, les mis en cause sont principalement des hommes, avec respectivement 80 % et 95 % des cas. Les victimes de violences sexuelles sont très majoritairement des femmes (85 %), quel que soit le contexte ou leur âge.
Facteurs explicatifs et contexte
L'étude note qu'un des facteurs d'augmentation du nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées est la part croissante de faits anciens dénoncés. Cette tendance est particulièrement marquée pour les victimes mineures au moment des faits et pour les violences commises au sein de la famille.
Cette publication intervient dans un contexte de mobilisation sociale, comme en témoigne la manifestation à Lyon le 22 novembre 2025 à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et de genre.



