Transparence des salaires : une attente forte pour réduire les inégalités femmes-hommes
Transparence des salaires : une attente forte des salariés

Selon une étude du cabinet Mercer publiée le 29 juin 2026, 78 % des salariés français estiment que la transparence des salaires est un levier essentiel pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. L’enquête, réalisée auprès de 1 200 employés du secteur privé, révèle que cette attente est particulièrement forte chez les femmes (85 %) et les jeunes de moins de 35 ans (82 %).

Un fossé persistant entre attentes et réalité

Malgré les obligations légales imposées par la loi « Avenir professionnel » de 2018 et l’index d’égalité salariale, seuls 23 % des salariés interrogés déclarent avoir accès à des informations claires sur les grilles de rémunération de leur entreprise. « Les salariés veulent comprendre comment leur salaire est déterminé et pouvoir comparer avec leurs collègues, explique Anne-Sophie Vion, directrice du conseil chez Mercer. La transparence est perçue comme un gage d’équité et de confiance. »

Des disparités sectorielles marquées

L’étude met en lumière des disparités selon les secteurs. Les salariés de la tech (84 %) et de la finance (81 %) sont les plus demandeurs de transparence, tandis que ceux de l’industrie manufacturière (68 %) et du commerce (65 %) le sont moins. Par ailleurs, 62 % des répondants estiment que les écarts de salaire entre hommes et femmes sont encore trop importants dans leur entreprise, un chiffre qui monte à 71 % dans les PME de moins de 50 salariés.

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Un impact sur l’attractivité et la rétention des talents

La transparence salariale devient un critère de choix pour les candidats. 56 % des salariés affirment qu’ils seraient plus enclins à postuler dans une entreprise qui publie ses grilles de rémunération. « Les entreprises qui jouent la carte de la transparence ont un avantage concurrentiel pour attirer les talents, en particulier les jeunes générations », souligne Anne-Sophie Vion. À l’inverse, 34 % des répondants disent avoir déjà quitté ou envisagé de quitter leur poste en raison d’un manque de clarté sur les salaires.

Vers une généralisation des pratiques de transparence ?

L’étude intervient alors que la Commission européenne examine une directive sur la transparence des rémunérations, qui pourrait imposer aux entreprises de l’UE de publier les écarts salariaux entre sexes. En France, le gouvernement réfléchit à renforcer les sanctions pour les entreprises ne respectant pas l’index d’égalité. Selon Mercer, 45 % des entreprises françaises prévoient d’accroître leur transparence salariale dans les deux prochaines années, notamment en diffusant des fourchettes de salaires dans les offres d’emploi.

« La transparence n’est pas une fin en soi, conclut Anne-Sophie Vion, mais un moyen de restaurer la confiance et de progresser vers l’égalité réelle. » L’étude rappelle que les inégalités salariales persistent : selon les données de l’Insee, les femmes gagnent en moyenne 16 % de moins que les hommes à poste équivalent.

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