A69 : le Conseil d'État valide la légalité de l'autoroute
A69 : le Conseil d'État valide la légalité de l'autoroute

Le Conseil d'État a rejeté le 29 juin 2024 le pourvoi en cassation déposé par les opposants au projet d'autoroute A69 entre Castres et Toulouse. Cette décision confirme la légalité de la déclaration d'utilité publique (DUP) et des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux. Les associations et collectifs, dont France Nature Environnement et Les Amis de la Terre, avaient contesté le bien-fondé du projet, estimant qu'il ne répondait pas à un besoin impérieux d'intérêt général.

Une décision attendue après des années de procédure

Le projet d'autoroute A69, long de 53 kilomètres, vise à relier Castres à l'autoroute A68 près de Toulouse. Il est porté par la société Autoroutes du Sud de la France (ASF), filiale de Vinci. Les opposants dénoncent un coût élevé (environ 400 millions d'euros), un impact environnemental majeur sur les terres agricoles et la biodiversité, et une alternative ferroviaire insuffisamment explorée. Malgré plusieurs recours juridiques, les travaux ont débuté en 2023.

Les arguments des opposants rejetés

Dans son arrêt, le Conseil d'État a estimé que la DUP était justifiée par l'intérêt général, notamment pour désenclaver le bassin castrais et améliorer la sécurité routière. Il a également jugé que l'étude d'impact était suffisante et que les mesures compensatoires étaient adéquates. Selon l'avocat des opposants, Me Benoist Busson, cette décision « enterre l'espoir d'une remise en cause du projet sur le fond ». Les associations ont annoncé leur intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

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Un projet toujours contesté sur le terrain

Malgré la validation juridique, la contestation se poursuit sur le terrain. Des militants ont occupé des arbres et des cabanes dans la zone du chantier. En mai 2024, une manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Pour les opposants, le combat se déplace désormais sur le plan politique et médiatique. « Nous allons continuer à dénoncer ce projet inutile et destructeur », a déclaré un porte-parole de la coordination anti-A69.

Quel avenir pour l'A69 ?

La décision du Conseil d'État ouvre la voie à une accélération des travaux, dont l'achèvement est prévu pour 2027. Le gouvernement, qui soutient le projet, y voit un levier de développement économique pour le Tarn. Cependant, la question du financement et de l'impact climatique reste au cœur des débats. Selon une étude de la Commission nationale du débat public, le projet émettrait 1,2 million de tonnes de CO2 sur 50 ans, un chiffre contesté par les opposants.

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