Justice lozérienne mobilisée contre la loi Darmanin malgré un faible taux de criminalité
Lozère : justice mobilisée contre la loi Darmanin

Une trentaine de professionnels de la justice se sont rassemblés lundi 29 juin 2026 sur les marches du tribunal judiciaire de Mende pour protester contre le projet de loi Darmanin et le manque de moyens. Avocats, magistrats du siège, membres du parquet, greffiers et le président du tribunal ont participé à cette mobilisation dans le cadre de la journée nationale "justice pénale morte". Les audiences pénales ont été renvoyées pour marquer leur opposition.

Une mobilisation contre le manque de moyens

Me Véronique Barnier, bâtonnier de la Lozère, a déclaré : "La France manque de juges, et ce n’est pas aux citoyens de perdre leurs droits pour compenser." Selon elle, les juridictions françaises souffrent d’un manque chronique de moyens humains, entraînant des délais de jugement plus longs et une charge de travail accrue. Les manifestants réclament le recrutement de magistrats, procureurs, greffiers et personnels pour rendre "une justice plus rapide parce qu’elle est mieux dotée, pas parce qu’elle est plus expéditive".

Les dispositions contestées du projet de loi

Les professionnels s’opposent à plusieurs mesures du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes porté par Gérald Darmanin. Ils dénoncent notamment un allongement de la détention provisoire, une réduction de la collégialité, des délais plus contraints pour soulever des nullités de procédure, l’extension du fichage génétique, ainsi qu’un parcours plus long et plus complexe pour les victimes souhaitant obtenir réparation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un engagement basé sur les principes

"La Lozère est le département le moins criminogène de France. Nous serons sans doute moins impactés que d’autres territoires, mais nous sommes mobilisés sur les principes", a souligné Me Véronique Barnier. Les avocats ont sollicité le renvoi des audiences, demande favorablement accueillie par la juridiction. Les magistrats du siège et du parquet ont adopté une motion appelant les pouvoirs publics à renforcer durablement les moyens de la justice et à cesser de faire des magistrats des boucs émissaires après le meurtre de la jeune Lyhanna. Ils rappellent que la protection des victimes passe d’abord par une justice disposant des effectifs nécessaires.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale