Sortie des violences sexistes : un droit fondamental à inscrire dans la loi
Sortie des violences sexistes : un droit fondamental

Alors que les chiffres des violences sexistes et sexuelles restent alarmants – une femme sur trois en subit au cours de sa vie –, un collectif d'associations et de personnalités lance un appel solennel : faire de la sortie de ces violences un droit opposable, inscrit dans la loi.

Une tribune pour un changement de paradigme

Dans une tribune publiée ce lundi, des représentantes de la Fondation des Femmes, du Collectif Féministe Contre le Viol et de la Maison des Femmes de Paris appellent le gouvernement à agir. "Aujourd'hui, les victimes doivent prouver leur statut pour accéder à l'aide. Demain, ce doit être l'État qui garantisse un parcours de sortie clé en main", écrit le collectif.

Selon une enquête de l'INSEE rendue publique en 2025, 85 % des victimes de violences conjugales n'ont pas porté plainte, principalement par peur de représailles ou par méconnaissance de leurs droits. La tribune propose un dispositif en trois volets : un hébergement d'urgence garanti, un accompagnement psychologique et juridique gratuit, et une indemnité forfaitaire versée sous huit jours.

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Un coût évalué à 2,3 milliards d'euros

Les signataires chiffrent le coût de leur proposition à 2,3 milliards d'euros par an, soit moins de 0,1 % du PIB. "C'est un investissement, pas une dépense. Chaque euro investi dans la protection des victimes économise sept euros en dépenses de santé, de justice et de perte de productivité", affirme Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

Le texte critique également le manque de formation des forces de l'ordre. "Seulement 12 % des policiers et gendarmes ont reçu une formation spécifique aux violences intrafamiliales", souligne la tribune. Les associations demandent un module obligatoire dès l'école de police.

Un projet de loi attendu à l'automne

Côté politique, plusieurs députés de la majorité et de l'opposition ont déjà réagi favorablement. La députée écologiste Sandrine Rousseau a déclaré : "Il est temps de passer de la compassion à l'action concrète. Ce droit doit être inscrit dans le code de l'action sociale." Le ministre de l'Intérieur a indiqué qu'une mission parlementaire serait lancée en septembre pour étudier la faisabilité du dispositif.

Pour les associations, le calendrier est serré. "Nous ne laisserons pas passer l'année 2027 sans une avancée majeure", prévient la tribune. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 200 000 signatures.

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