Lors du rassemblement pour Lyhanna, lundi dernier à Nîmes, Sandrine Lafitte, présidente de l'association Rêvesolutions, a pris la parole pour insister sur l'importance de poursuivre la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Créée en 2024 et basée à Nîmes, Rêvesolutions accompagne les victimes et leurs proches dans leur parcours de reconstruction.
Un accompagnement essentiel pour briser l'isolement
Sandrine Lafitte explique que les victimes se sentent souvent seules et isolées face au traumatisme. « La première question qu'on nous pose, c'est si on a des groupes de parole. Être écouté, cru et accompagné, ça peut tout changer », souligne-t-elle. Le collectif d'une dizaine de bénévoles recueille la parole des personnes, identifie leurs besoins (logement, santé, etc.) et les oriente vers des professionnels ou structures adaptés, grâce à des conventions assurant la pérennisation des actions.
Un afflux d'appels après le rassemblement
Depuis le rassemblement, l'association a reçu de nombreux appels de remerciements et de demandes d'information. « Il y a eu beaucoup de prises de parole, c'est hyper important et courageux. Avec nous, les personnes peuvent échanger facilement, on est un peu comme une béquille », ajoute-t-elle. Les proches ressentent aussi de la culpabilité et un sentiment d'impuissance, que l'association les aide à surmonter.
L'importance du milieu rural
Rêvesolutions intervient également en milieu rural, où l'isolement est encore plus exacerbé. L'association organise des actions de proximité, comme un vide-greniers à Saint-Paul-les-Fonts, pour créer des moments informels et conviviaux propices à la parole. « Nous cherchons une collectivité dans le secteur de la Vaunage pour notre prochain événement », précise Sandrine Lafitte.
La lenteur de la justice, un obstacle récurrent
Les victimes dénoncent régulièrement la lenteur des procédures judiciaires. « Porter plainte est déjà difficile. Ensuite vient l'enquête, l'attente, parfois le silence. Les classements sans suite ou non-lieux compliquent la reconstruction », déplore la présidente. Elle pointe aussi le manque de moyens, notamment pour les téléphones grave danger.
Un appel à une mobilisation durable
Face à l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna, Sandrine Lafitte insiste : « Il ne faut pas que ce soit une simple émotion nationale. Nous sommes face à un véritable fait de société. » Elle réclame une loi intégrale renforçant la prévention, la protection des victimes et une justice spécialisée plus efficace. « Beaucoup de professionnels sont épuisés. Il faut co-construire ces solutions. » De nouvelles mobilisations sont déjà prévues pour l'été, afin de maintenir la pression sur les décideurs.
Sandrine Lafitte, 51 ans, est conseillère de profession. Après treize ans à Nîmes Métropole, elle a travaillé en milieu rural à Bouillargues, avant de revenir à Nîmes en 2024 comme conseillère d'insertion socioprofessionnelle au centre social Jean Paulhan.



