Parité en Occitanie : les femmes exclues du pouvoir local
Parité en Occitanie : les femmes exclues du pouvoir local

En Occitanie, la parité dans les exécutifs locaux reste largement théorique. Selon une étude menée par Maelys Carsuzaa, étudiante à Sciences Po Lille, seulement 21,7 % des maires de la région sont des femmes en 2026, contre 22,8 % au niveau national. Ce constat, publié dans le cadre des débats et opinions de l'espace Lignes ouvertes de Midi Libre, intervient plus d'un an après l'adoption d'une loi sur la parité dans les mairies en 2025.

Des écarts marqués entre territoires urbains et ruraux

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait alors déclaré sur le réseau social X : « On l'a fait ! La parité devient une réalité dans toutes les communes de France ! ». Pourtant, la réalité régionale est plus nuancée. Au sein même de l'Occitanie, de forts écarts apparaissent entre les territoires. La Haute-Garonne (31) se distingue comme leader urbain, avec une progression de la proportion de femmes maires de 20,48 % en 2020 à 26 % en 2026. À l'inverse, la Lozère accuse une baisse : 14,47 % en 2020, contre 13,24 % en 2026.

L'étude souligne que cette disparité reflète une résistance plus forte en milieu rural. La Lozère, département essentiellement rural, illustre cette tendance avec un recul, tandis que les zones urbaines comme la Haute-Garonne progressent. Ce constat mitigé contraste avec l'ambition affichée par la loi de 2025, qui impose des listes alternées strictement paritaires pour les élections municipales.

Les postes clés restent verrouillés par les hommes

Le déficit de parité est particulièrement frappant aux postes de premiers adjoints. En France, les femmes ne représentent que 38,76 % des premiers adjoints, et 40,21 % en Occitanie. Sachant que 77,2 % des maires sont des hommes, on pourrait s'attendre à ce que la première fonction d'adjoint soit massivement confiée à des femmes pour compenser. Or, la législation exclut le « couple » maire / premier adjoint de l'obligation d'alternance stricte de genre. Le poste de « second », qui assume la gestion directe en cas d'absence du maire, reste ainsi verrouillé par les hommes.

À l'inverse, le taux de femmes explose littéralement au poste de deuxième adjoint, atteignant 60,59 % au niveau national et 59,49 % en Occitanie. C'est le cas par exemple dans la métropole de Montpellier, où le maire, Michaël Delafosse, est épaulé par Sébastien Cote, suivi de Marie Massart. Cette répartition illustre un phénomène de cantonnement des femmes à des postes subalternes, loin des centres de décision.

Un vide législatif aux niveaux intercommunal et communautaire

Ce déficit de parité semble injustifié, d'autant plus que celle-ci est garantie par la loi constitutionnelle de 1999, qui stipule « l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ». Cette disposition symbolique est complétée par des mesures prescriptives, comme la loi de 2025 qui oblige à la formation de listes alternées strictement paritaires. Cependant, cette parité proclamée ne semble être réellement appliquée à aucune échelle, qu'elle soit municipale ou intercommunale.

Au niveau des communautés de communes, agglomérations et métropoles, les résultats sont encore plus décevants. Sur la base de 65 % des données du ministère de l'Intérieur seulement disponibles, il est possible de relever qu'en France seulement 13 % des EPCI sont présidés par des femmes, et 12 % en Occitanie. En se concentrant sur un département en particulier, l'Hérault, nous constatons que sur 16 intercommunalités, deux sont dirigées par des femmes : l'agglo Hérault Méditerranée (Gwendoline Chaudoir) et la communauté de communes Sud Hérault (Marie-Pierre Pons).

Ce phénomène s'explique notamment par le vide législatif entourant le principe constitutionnel d'égal accès aux postes de présidents, vice-présidents, mais également lors de la composition des bureaux. Excluant ainsi de facto les femmes de là où est le pouvoir et l'influence. Ceci appelle l'impérieuse nécessité de réformer cette « zone de non droit paritaire », parce que « la loi libère » comme le proclame régulièrement la présidente de l'Observatoire de la Parité, Geneviève Tapié.