Syndicats et associations demandent l'interdiction de Némésis lors des manifestations du 8 mars
Interdiction de Némésis demandée pour le 8 mars

Des organisations demandent l'exclusion de Némésis des cortèges féministes

Dans une lettre ouverte adressée jeudi 26 février au ministre de l'intérieur Laurent Nuñez, plusieurs syndicats et associations exigent l'interdiction de la présence du collectif identitaire Némésis lors des manifestations prévues pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Les signataires, dont la CGT, la CFDT, l'UNSA, Solidaires, la FSU, le Planning familial et Osez le féminisme, demandent des mesures pour prévenir tout incident violent en empêchant ce groupe d'extrême droite de participer à leurs rassemblements.

Un collectif accusé d'instrumentaliser la cause féministe

Les organisations dénoncent depuis plusieurs années la participation perturbatrice de Némésis aux manifestations du 8 mars. Elles soulignent que ce collectif féminin d'extrême droite ne partage pas les revendications fondamentales du mouvement féministe, notamment concernant le droit à l'avortement, et chercherait à instrumentaliser la mobilisation des femmes pour servir des objectifs racistes.

Les signataires de la lettre précisent que lorsque des membres de Némésis tentent de s'infiltrer dans les cortèges, elles sont systématiquement protégées par plusieurs dizaines d'hommes, militants de groupuscules d'extrême droite formés à l'action violente et prêts à en découdre. Cette présence armée représente selon eux une menace directe pour la sécurité des participantes.

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Le contexte tendu après la mort de Quentin Deranque

Cette demande s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu après la mort violente à Lyon, mi-février, du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, âgé de 23 ans. Ce dernier était venu assurer la sécurité de militantes de Némésis qui manifestaient contre la venue de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

Six hommes soupçonnés de l'avoir frappé à mort ont été mis en examen pour homicide volontaire, ainsi qu'un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour complicité. Selon une source proche du dossier, ces sept personnes sont connues pour être membres ou proches de la Jeune Garde, un mouvement d'ultragauche dissous en juin 2025.

Garantir la sérénité des manifestations féministes

Les tensions autour de la présence de Némésis lors des rassemblements du 8 mars ne sont pas nouvelles, mais les organisations signataires insistent aujourd'hui sur la nécessité de garantir un espace sûr pour toutes les femmes mobilisées. Elles appellent les autorités à prendre des mesures concrètes pour empêcher toute tentative de récupération ou de violence, soulignant l'importance de préserver l'esprit inclusif et pacifique de cette journée symbolique.

La lettre adressée au ministre de l'intérieur s'inscrit dans une démarche de prévention, visant à éviter que de nouveaux incidents ne viennent entacher les mobilisations prévues. Les associations et syndicats espèrent obtenir une réponse rapide et ferme des pouvoirs publics afin d'assurer la sérénité des manifestations à venir.

Les signataires concluent leur demande par cette mise au point claire : « Si ce collectif souhaite défiler, qu'il organise ses propres initiatives ailleurs au lieu de venir saboter les nôtres ». Cette position ferme reflète leur détermination à protéger l'intégrité des rassemblements féministes contre toute tentative d'infiltration ou de perturbation par des groupes aux idéologies incompatibles avec les valeurs défendues le 8 mars.

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