Le HCE exige une réponse judiciaire forte après le double féminicide de Cédric Prizzon
HCE : réponse forte exigée après le double féminicide

Le Haut conseil à l'égalité exige une réponse judiciaire d'ampleur face à la menace masculiniste

Suite au double féminicide présumé impliquant Cédric Prizzon, le Haut conseil à l'égalité (HCE) a formulé jeudi une demande pressante : la saisine du parquet national antiterroriste (Pnat) dans cette affaire particulièrement grave. L'organisme rattaché à Matignon estime que ce drame doit provoquer un « électrochoc » face à la menace masculiniste qui plane sur la société française.

Un drame familial aux répercussions nationales

Cédric Prizzon, un ancien policier âgé de 42 ans, a été interpellé le 25 mars au Portugal en compagnie de ses deux enfants, un garçon de 12 ans et une fillette d'un an et demi. Il est soupçonné d'avoir tué successivement son ex-conjointe puis sa compagne actuelle, un double homicide qui a profondément ému l'opinion publique.

Cet homme avait régulièrement manifesté ces dernières années aux côtés d'autres pères ayant perdu leur droit de garde, s'inscrivant dans des réseaux proches du mouvement dit des « droits des pères ». Pour le HCE, cette mouvance constitue un mouvement masculiniste structuré et dangereux, particulièrement actif sur les réseaux sociaux, qui accuse systématiquement les femmes d'être responsables des injustices subies par les hommes, notamment concernant la garde des enfants.

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Une idéologie de haine qui appelle une réponse publique

« Cette affaire doit être un électrochoc pour comprendre la menace masculiniste et les dangers qu'elle fait peser sur les femmes dans notre pays », a déclaré Bérangère Couillard, présidente du HCE, dans un communiqué officiel publié jeudi. Elle a ajouté avec fermeté : « Lorsqu'une idéologie de haine des femmes se diffuse, banalise la violence et légitime des passages à l'acte, elle ne peut plus être traitée comme un phénomène périphérique. Elle appelle une réponse publique à la hauteur. »

Le Haut conseil à l'égalité apporte ainsi son soutien complet à la mobilisation citoyenne réclamant la saisine du Pnat. Une pétition lancée par l'association Mouv'enfants avait déjà recueilli jeudi après-midi plus de 10 000 signatures, une initiative relayée notamment par l'association Osez le féminisme !

Le masculinisme, un enjeu de sécurité publique identifié

Dans son rapport annuel sur l'état du sexisme en France publié en janvier dernier, le HCE avait déjà tiré la sonnette d'alarme. L'organisme avait alors estimé que le masculinisme devait être reconnu comme un « enjeu de sécurité publique » et avait appelé à la mise en place d'une stratégie nationale de lutte contre ces mouvements misogynes.

Cette préoccupation trouve un écho dans des précédents judiciaires récents. En juillet 2025, le parquet national antiterroriste avait mis en examen un lycéen de 18 ans soupçonné de vouloir attaquer des femmes avec des couteaux. Il s'agissait d'une première concernant une personne se revendiquant « incel », l'une des mouvances masculinistes les plus radicales.

Le HCE insiste donc sur la nécessité d'une réponse judiciaire forte et adaptée, capable de reconnaître la dimension idéologique de ces violences et d'envoyer un signal clair quant à l'engagement des institutions contre toutes les formes de haine envers les femmes.

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