Alors que la saison des festivals bat son plein, une enquête menée par l'association Consentis et publiée ce jeudi 7 août met en lumière l'ampleur des violences sexistes et sexuelles dans les milieux festifs. Selon cette étude, 82% des femmes déclarent avoir déjà subi au moins une forme de violence ou de harcèlement lors d'un festival. Face à ce constat, les associations appellent à une prise de conscience collective, et notamment des hommes.
Un phénomène massif et banalisé
L'enquête, réalisée auprès de 2 500 personnes, révèle que les violences sont souvent banalisées, voire ignorées. Parmi les femmes interrogées, 68% affirment avoir été victimes de remarques sexistes, 45% de gestes déplacés, et 17% d'agressions physiques. Ces chiffres, en hausse par rapport aux années précédentes, montrent que le problème reste structurel.
Pour Sarah Durand, porte-parole de Consentis, il est essentiel de responsabiliser les hommes : « Les hommes doivent se poser la question de leurs privilèges. Ils ont un rôle clé à jouer dans la prévention, que ce soit en tant que spectateurs, bénévoles ou organisateurs. » Elle ajoute que la lutte contre ces violences ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des femmes.
Des initiatives pour changer les comportements
Face à ce constat, plusieurs festivals ont mis en place des dispositifs concrets. Des espaces de parole, des numéros d'urgence, des équipes de médiation et des campagnes de sensibilisation se multiplient. Le festival des Vieilles Charrues, par exemple, a formé l'ensemble de son personnel à la détection des situations de harcèlement. D'autres événements, comme le Printemps de Bourges, ont installé des points d'écoute dédiés.
Cependant, ces mesures restent insuffisantes selon les associations. Elles réclament une meilleure application de la loi, notamment en ce qui concerne les signalements. « Nous avons besoin d'une véritable volonté politique et d'un changement culturel en profondeur », insiste Sarah Durand.
Un appel à la responsabilité individuelle
L'étude souligne également que 73% des hommes interrogés se disent prêts à intervenir s'ils sont témoins de comportements inappropriés. Mais seulement 28% d'entre eux affirment avoir déjà eu un comportement préventif. Un écart qui montre qu'il reste un long chemin à parcourir.
Pour les organisateurs, la clé réside dans l'éducation et la prévention dès le plus jeune âge. Des ateliers de sensibilisation dans les écoles et les universités sont suggérés, ainsi que des formations obligatoires pour les équipes des festivals. « Nous devons créer une culture du consentement, pas seulement des règles », conclut la porte-parole.
Vers une meilleure prise en charge des victimes
Les associations demandent aussi un meilleur accompagnement des victimes, avec des cellules d'écoute psychologique et juridique accessibles sur place. Elles recommandent la mise en place de procédures de signalement simples et rapides, et une collaboration renforcée avec les forces de l'ordre.
En attendant, les festivalières sont invitées à partager leurs expériences via des applications dédiées, comme « SafeFest », qui permet de géolocaliser les zones à risque. Une manière de créer une solidarité entre les participants et de faire pression sur les organisateurs pour qu'ils agissent.



